"l’Indonésie foule aux pieds la dignité humaine"
Dili, 26juillet(APIC/CIP) L’armée indonésienne à Timor-Est s’est rendue
coupable de graves violations des droits de l’homme, accuse Mgr Carlos Filipe Ximenos Belo, administrateur apostolique du diocèse de Dili, dont la
partie portugaise de cette île a été intégrée à l’Indonésie en 1976.
"Des personnes disparaissent, des femmes et des enfants sont soumis à
des interrogatoires, torturés et assassinés. Ici, on foule aux pieds la
dignité humaine", a souligné Mgr Belo le 25 juillet devant des journalistes
à Dili. Selon l’évêque, dans cette île totalement annexée par l’Indonésie,
les habitants sont considérés comme "citoyens de second rang" par les
Indonésiens, qui les persécutent parce que la population de Timor
revendique la liberté et l’autodétermination. Aussi n’est-il pas étonnant,
aux yeux de Mgr Belo, que cette population soutienne le Fretelin, mouvement
de libération que combat l’armée indonésienne.
L’administrateur apostolique de Dili place de grands espoirs dans la
visite du pape, qui est attendu en octobre à Timor-Est. "Nous avons besoin
de cette visite, dit-il. Nous avons besoin du soutien du pape, de ses
encouragements. Il va sûrement nous parler de la justice, des droits de
l’homme et de la paix."
C’est précisément pour cela que le gouvernement indonésien redoute la
visite du pape et cherche à intimider la poplation locale "par des
arrestations et par la torture", explique Mgr Belo. Au cours du seul
dernier mois, on a rapporté 30 cas de tortures et d’assassinats.
L’armée indonésienne a également entrepris une nouvelle campagne dirigée
contre l’Eglise. "Certains de mes prêtres et moi-même faisons l’objet d’une
campagne de diffamation", dit Mgr Belo. Aussi l’évêque s’attend-il à ce que
le gouvernement indonésien cherche à "récupérer politiquement" la visite du
pape. Cependant, précise-t-il, Jean Paul II ne se rend pas sur place pour
intégrer Timor dans l’Indonésie. La preuve : les célébrations avec le pape
à Dili seront en langue locale.
Une solution réaliste pour le problème de Timor-Est, selon l’évêque,
serait un référendum. La population aurait ainsi l’occasion de se prononcer
soit pour une intégration à l’Indonésie, soit pour une alliance avec son
ancienne puissance coloniale, le Portugal, soit pour l’indépendance. En
fait, ajoute l’évêque, l’issue d’un tel référendum est connue d’avance : la
population de Timor-Est opterait massivement pour l’indépendance.
(apic/cip/mg)