Un document du PC chinois sur l’attitude face aux Eglises (060390)
Rome, 6mars(APIC) L’existence du "Document no 3" du comité du PC chinois,
consacré à l’attitude à adopter à l’égard des Eglises, est confirmé par Liu
Bainian, le porte-parole de l’Association Patriotique des Catholiques de
Chine (APCC) dans une interview accordée à l’agence italienne ANSA. Au lendemain de la publication du document par l’agence Asia News (l’agence de
l’Institut pontifical pour les Missions à l’Extérieur) il en confirme également les grandes orientations : soutien à l’APCC et mise au pas des catholiques fidèles à Rome.
Diffusé à l’initiative du comité central du PC chinois à l’intention des
comités des diverses provinces, le document, qui porte la date du 23
février 1989, est intitulé : "Rapport sur la consolidation de l’activité
envers l’Eglise catholique dans la situation nouvelle". Il confirme les
principales options du PC chinois : le Vatican doit rompre ses "soi-disant
relations diplomatiques" avec Taiwan et reconnaître comme seule légitime la
République Populaire de Chine; il doit se garder d’"interférer dans les affaires intérieures de notre pays, y compris en matière religieuse".
Selon le document secret, la volonté du Vatican "de reprendre le contrôle de l’Eglise catholique en Chine n’a pas faibli". Le rapport fait état de
"procédés occultes" utilisés par Rome pour ordonner secrètement des évêques, promouvoir et soutenir les forces clandestines et diviser l’Eglise
catholique chinoise - en l’occurence l’APCC - fidèle au régime.
Le pape, précise le document, aurait ainsi déjà nommé vingt-cinq évêques
"clandestins", qui auraient à leur tour ordonné quelque deux cents prêtres.
Le PC chinois considère que c’est là "une force politique hostile", qui
contribue à la déstabilisation de la société chinoise. Le rapport préconise
un remède : renforcer l’APCC, isoler la minorité et mettre au pas avec fermeté les "réactionnaires".
Que le Vatican fasse le premier pas
Selon Liu Bainian, l’APCC ne demande pas mieux que d’améliorer ses relations avec le Vatican le plus tôt possible. Au Saint-Siège de faire le premier pas, dit-il, en rompant avec Taiwan et en cessant de s’immiscer dans
les affaires intérieures de la Chine.
Si le Vatican reconnaît Taiwan, ajoute le porte-parole de l’APCC, c’est
parce qu’il y trouve un système capitaliste reposant sur des déçus du socialisme qu’il s’agit d’appuyer. On se trouve donc bien face à un problème
politique, affirme-t-il. "Il n’y a entre nous aucune opposition au plan de
la foi, assure Liu Bainian. Il s’agit d’une difficulté d’ordre politique,
dont la responsabilité incombe au Saint-Siège".
Aucun retour en arrière possible
Liu Bainian affirme ne connaître aucun des trente-cinq prélats fidèles à
Rome actuellement arrêtés et dont Asia News vient de publier la liste. La
liberté de culte est garantie par la Constitution chinoise, dit-il, et ces
arrestations ne peuvent dès lors s’expliquer que par des motifs d’ordre
politique.
Si des rapports venaient à s’établir avec le Vatican, avertit Liu
Bainian, "les relations entre l’Eglise chinoise et le Vatican devraient
être basées sur le dialogue. Il y aura des accords, mais je pense qu’une
chose restera acquise : l’autonomie et l’autogestion de l’Eglise chinoise.
Nous n’en reviendrons jamais à la situation antérieure à la fondation de la
République populaire, quand l’Eglise catholique était aux mains
d’étrangers". (apic/cip/cor)