Un commentaire sur la dernière encyclique (030388)
Rome, 3 mars (APIC/CIP) Tenir les rênes d’un Etat n’empêche pas de s’intéresser aux encycliques des papes, et plus particulièrement à la doctrine
sociale de l’Eglise. La preuve en est donnée par Rafael Caldera, ancien
président du Venezuela, qui y a consacré plusieurs livres et pas mal de
conférences.
En mars 1987, il a prononcé au Vatican, dans la salle synodale, et en
présence de Jean Paul II, une allocution à l’occasion du 20e anniversaire
de l’encyclique de Paul VI "Populorum progressio". Une voix autorisée, par
conséquent, et, qui plus est, nous vient d’un continent durement confronté
aux problèmes du sous-développement traités par Jean Paul II dans sa récente encyclique "Sollicitude rei socialis".
Celle-ci, déclaré-t-il au micro de Radio Vatican, n’a pas seulement pour
but de célébrer l’encyclique de Paul VI. Il s’agit bel et bien, en effet,
d’une nouvelle encyclique et de rappeler son intervention faite dans l’aula
synodale il y a un an: l’affirmation selon laquelle le développement est le
nouveau nom de la paix (Paul Vi) "nous permet de constater avec douleur,
vingt ans après, qu’on ne voit aujourd’hui l’avénement ni de la paix, ni du
développement". Et ceci bien qu’aient été publiés des documents ultérieurs,
dont le dernier était consacré à la dette extérieure des pays en voie de
développement. Dans sa récente encyclique, ajoute Rafael Caldera, Jean Paul
II n’en invite pas moins à relever le défi dans l’espérance.
Aux yeux de l’ancien président vénézuélien, il est important que le pape
souligne que la doctrine sociale de l’Eglise n’est pas "une troisième voie"
entre le capitalisme et le socialisme, mais se démarque et rejette ce que
ces deux systèmes ont en commun: la primauté de l’économique. Il souligne
au contraire que le problème est d’ordre moral.
Pour Rafael Caldera, la parole du pape, qui a visité tant de nations de
par le monde, est susceptibles d’avoir des "conséquences vives, immédiates
et directes sur les peuples et ceux qui les gouvernent". Le chemin est long
et non exempt d’embûches, ajoute-t-il, mais il est certain aussi que la parole du pape ne restera pas sans écho.
Rafael Caldera rappelle aussi que l’on est à la veille d’un anniversaire
significatif: le centenaire de l’encyclique "Rerum novarum" de Léon XXIII,
"le centenaire de la doctrine sociale de l’Eglise". "Les trois années qui
nous séparent de cet anniversaire peuvent être d’une grande utilité pour
comprendre et réaliser, des années que tous peuvent mettre à profit,
peuples et dirigeants."
Pour l’ancien président, il n’y a en fait qu’une alternative : "un développement authentique dans la justice". A tous les pays, dans tous les continents, incombe une énorme responsabilité. Comme leader et savant latinoaméricain, Rafael Caldera est d’avis que le pape connaît très bien la situation des pays de son continent, et met en exergue un point précis de son
encyclique ou le pape plaide pour une intégration et une collaboration
régionales, pour l’unité des nations d’une même région pour oeuvrer ensemble à promouvoir le développement et la justice; pour défendre aussi
leurs droits, dit- il, et, dans le cas de l’Amérique latine, c’est une
question-clé pour notre avenir. (apic/cip/bd)