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    La Fraternité St-Pie X a évité l’hémorragie et les états d’âme

    Un an de schisme : Ecône dresse son propre bilan (050689)

    Ecône/Rickenbach, 5juin(APIC) "Le fait que Rome nous a excommuniés et déclarés schismatiques n’a pas troublé notre conscience, cela n’a fait que

    renforcer notre unité, et ceux qui avaient des états d’âme ou des problèmes

    de conscience sont partis au moment des sacres", lance l’abbé Rulleau, professeur de théologie au séminaire traditionaliste d’Ecône. Dressant le bilan un an après la rupture de Mgr Lefebvre avec Rome - que les traditionalistes refusent contre toute évidence d’appeler un schisme - la Fraternité

    St-Pie X affirme avoir "compensé très exactement les défections" causées

    par les ordinations épiscopales illicites du 30 juin dernier.

    15 prêtres et 19 séminaristes seulement ont alors quitté la Fraternité,

    ce qui représente moins de 7 %, selon les sources traditionalistes officielles. "Pour autant douloureux que soient ces départs, ce n’est cependant

    pas une hémorragie", affirme l’abbé Franz Schmidberger, Supérieur général

    de la Fraternité, qui fait son propre bilan dans la dernière livraison de

    la revue traditionaliste bimestrielle "Fideliter". "C’est en comptant les

    50 moines et les 30 moniales du Barroux et en y ajoutant les membres de la

    Fraternité Saint-Vincent-Ferrier - qui n’appartenaient pas à la Fraternité

    St-Pie X - que le cardinal Mayer fait état d’une centaine de prêtres, de

    religieux et de séminaristes ralliés" à Rome, précise le Supérieur général.

    Ainsi, si 15 prêtres "ont quitté la Tradition pour se rallier à la Rome

    moderniste", 15 nouveaux prêtres ont été ordonnés depuis aux séminaires

    d’Ecône, de Zaitzkofen (RFA), de la Reja (Argentine) ou en Australie. La

    Fraternité compte donc au niveau international à nouveau 215 prêtres, dont

    Mgr Lefebvre et les 4 évêques excommuniés, ainsi que 250 séminaristes. Ecône en accueille 51, soit une quinzaine de moins qu’en 88. Mais, explique

    l’abbé Rulleau, c’est parce que le séminaire de Flavigny, en France, a

    désormais une année d’étude supplémentaire. A Ecône, on accueille maintenant les séminaristes seulement après les trois premières années d’étude. A

    Flavigny, il y a en effet aujourd’hui 53 séminaristes, contre une vingtaine

    de moins en 1988. Les départs d’une dizaine de séminaristes dans ce dernier

    séminaire lors du schisme ont été compensés.

    Pas de guerre de succession à la mort de Mgr Lefebvre ?

    Mgr Lefebvre, qui vit habituellement à Ecône, voyage beaucoup moins - il

    va avoir 84 ans cette année - mais reste l’autorité morale du mouvement

    traditionaliste. "Les problèmes de succession sont réglés, précise l’abbé

    Rulleau, car la direction est assurée par l’abbé Schmidberger, Supérieur

    général de la Fraternité depuis plusieurs années, et les quatre évêques

    sont sous ses ordres et tout est en ordre du point de vue de la forme juridique". Pour le professeur d’Ecône, il n’y aura donc pas de guerre de succession : c’est le problème de toute congrégation, quand le fondateur disparaît, c’est toujours un choc pour la congrégation, mais les choses continuent. L’abbé Rulleau relève que "la perte de Monseigneur sera pour nous un

    coup, cela arrivera bien un jour... mais tout est déjà réglé".

    "Nous n’avons pas la même religion que la Rome actuelle"

    Concernant d’éventuelles tensions et luttes de tendance à l’intérieur de

    la Fraternité St-Pie X, l’abbé Rulleau affirme que s’il y a différentes

    sensibilités, il n’y a pas divergences de points de vue : "certains insisteront plus sur la nécessité de trouver un jour une solution, d’autres

    mettront plus l’accent sur l’opposition à Rome, mais on est unanimes pour

    dire que l’Eglise catholique est l’Eglise catholique et que l’on ne peut

    pas fonder d’Eglise parallèle... Nous souhaitons la normalisation...Tôt ou

    tard, il faut que l’on aboutisse à une solution. Mais il n’y a pas moyen de

    discuter avec la Rome actuelle, là on est tous d’accord, car nous n’avons

    pas du tout la même religion ni la même foi." (apic/be)

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