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    A qui reviendra la cathédrale Sainte-Sophie ?

    Ukraine: Vives tensions au sein de l’Eglise orthodoxe (231090)

    Kiev, 23octobre(APIC) Alors que la situation politique est toujours

    tendue en Ukraine, après les manifestations de rue à Kiev et la démission

    mercredi dernier du premier ministre Vitali Massol, de vives tensions

    secouent également l’Eglise orthodoxe. Le patriarche de l’Eglise orthodoxe

    autocéphale ukrainienne, Mgr Mstyslav Skrypnyk, qui vit en exil aux EtatsUnis, est à Kiev depuis samedi. Métropolite de Philadelphie, il était

    jusqu’à présent interdit de séjour en Union Soviétique. Au printemps dernier, il avait été élu "patriarche" par un synode réuni à Kiev. L’Eglise

    orthodoxe autocéphale ukrainienne n’est reconnue ni par le patriarcat de

    Moscou, ni par le patriarcat oecuménique de Constantinople, ni par les autres Eglises orthodoxes.

    Le retour du patriarche ukrainien n’a pas résolu la question de la restitution de la cathédrale Sainte-Sophie de Kiev, "mère" de toutes les

    églises d’Ukraine et de Russie. L’Eglise orthodoxe autonome d’Ukraine, unie

    au patriarcat de Moscou, et l’Eglise orthodoxe autocéphale (indépendante)

    ukrainienne se disputent ce lieu de culte hautement symbolique. Le ministre

    ukrainien des Affaires religieuses, M. Kolesnyk, n’a pas encore décidé laquelle des deux communautés concurrentes pourra faire de la cathédrale

    Sainte-Sophie son centre spirituel. Cette église du XIe siècle avait été

    détournée de sa fonction première au temps de la persécution stalinienne

    des années trente et transformée en musée.

    Le 31 août dernier, après un premier refus de M. Kolesnyk, l’Eglise orthodoxe autonome d’Ukraine avait demandé à nouveau au Soviet suprême

    d’Ukraine la restitution de la cathédrale Sainte-Sophie, le siège métropolitain qui lui est lié ainsi que l’église Saint-André de Kiev. La fraternité laïque orthodoxe Saint-André organise depuis des mois des grèves de la

    faim devant le portail de la cathédrale Sainte-Sophie et forme des chaînes

    humaines à travers la ville de Kiev pour exiger la "pleine réhabilitation"

    de l’Eglise orthodoxe ukrainienne.

    L’Eglise orthodoxe autocéphale d’Ukraine s’était détachée du patriarcat

    de Moscou en 1921, dans le cadre des aspirations à l’indépendance du peuple

    ukrainien après la première guerre mondiale et la Révolution russe. Sous la

    conduite du métropolite Wasyl Lypkowskyj - qui n’a pas été élu et sacré selon les prescriptions canoniques de l’Eglise orthodoxe -, cette Eglise

    était implantée en Ukraine centrale et orientale. En 1927, elle comptait

    environ 3’000 paroisses, plus de 3’000 prêtres et 34 évêques. La persécution systématique a débuté en 1926. Des évêques, des prêtres, des théologiens, des employés de l’Eglise et des croyants de premier plan ont été arrêtés. A Kiev, qui comptait avant la Révolution plus de 140 églises, deux

    seulement restèrent finalement ouvertes pour les croyants. De nombreuses

    autres villes d’Ukraine ont vu toutes leurs églises fermées ou détruites.

    Certaines d’entre elles étaient des monuments historiques irremplaçables du

    XIIe au XVIIIe siècle. En 1937, en un seul jour, 19 églises furent détruites dans la ville portuaire d’Odessa.

    L’Eglise orthodoxe autocéphale s’est réorganisée en Ukraine lors de

    l’invasion et de l’occupation allemande. En 1943, ses dirigeants durent

    fuir à l’ouest avec les soldats allemands en retraite. Après la libération,

    les défenseurs de l’indépendance de l’orthodoxie ukrainienne ont été qualifiés de "collaborateurs avec l’occupant fasciste". Cette Eglise autocéphale

    s’est réorganisée 1989. Mgr Ioann Bodnarchuk, évêque de Jitomir exclu de

    l’Eglise orthodoxe russe, a pris la tête du mouvement d’indépendance. De

    nombreuses paroisses d’Ukraine ainsi que leurs prêtres ont rallié l’Eglise

    orthodoxe autocéphale dans la vague du mouvement nationaliste qui s’amplifie en Ukraine. De son côté, l’Eglise orthodoxe autonome d’Ukraine liée au

    patriarcat de Moscou a également perdu le contrôle des régions de l’Ukraine

    occidentale où l’Eglise gréco-catholique unie à Rome - incorporée de force

    au patriarcat de Moscou en 1946 - se réorganise depuis l’année dernière.

    (apic/kpr/oe/cor)

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