Ukraine: Les uniates réclament la pleine (200390)
Négociations avec les orthodoxes : Mgr Sterniuk claque la porte
Rome/Lvov, 20mars(APIC) Les évêques uniates d’Union soviétique ont déclaré infondées les informations faisant état d’un accord avec l’Eglise orthodoxe russe pour la restitution des biens confisqués à l’Eglise gréco-catholique (uniate) d’Ukraine suite au pseudo-Synode de Lvov en 1946. Avant tout
accord, les catholiques de rite byzantin veulent que l’Eglise catholique
ukrainienne soit pleinement réhabilitée et totalement légalisée. A l’heure
actuelle, cette Eglise interdite jusqu’à ces derniers mois, peut faire enregistrer ses paroisses par les autorités locales, mais n’est pas reconnue
en tant que telle.
"Tant que la légalisation complète et la réhabilitation totale de
l’Eglise catholique ukrainienne ne sont pas réglées, il ne peut y avoir de
négociations pour la répartition des édifices religieux entre orthodoxes et
catholiques", affirment les evêques uniates d’URSS dans une déclaration
rendue publique lundi à Rome.
Mgr Volodymyr Sterniuk, envoyé du cardinal Myroslav Ivan Lubachivsky,
archevêque Majeur de Lviv (Lvov) des Ukrainiens en exil à Rome, pour prendre part aux tractations entre les représentants du Vatican, de l’Eglise
orthodoxe russe en Ukraine et du Patriarcat de Moscou, a claqué la porte en
signe de protestation le 13 mars dernier. Comme le Patriarcat de Moscou ne
voulait pas reconnaître l’illégalité du Synode de Lvov de 1946 qui a décidé
l’intégration forcée des uniates dans l’Eglise orthodoxe russe, Mgr Sterniuk a quitté la négociation, estimant qu’elle était dès lors sans objet, et
que les documents adoptés par la "commission quadripartite" étaient dénués
de valeur juridique.
Selon les évêques uniates, il faut remplir de nombreuses conditions
avant qu’on puisse reprendre les négociations. En premier lieu l’Eglise
catholique ukrainienne doit être considérée comme une Eglise juridiquement
indépendante, et non pas comme une "communauté ou un groupement de fidèles
de rite oriental". Tous les biens ecclésiastiques confisqués durant la période stalinienne doivent être restitués. C’est seulement alors que l’on
pourra "discuter de la meilleure façon de satisfaire les besoins de l’Eglise orthodoxe". Les évêques uniates revendiquent dans leur déclaration la
restitution des églises ainsi que des séminaires expropriés, et la reconnaissance comme personnes juridiques de toutes les congrégations religieuses. Tous les prêtres et les religieux qui ont été persécutés à cause de
leur appartenance à cette Eglise qui n’avait pas le droit d’exister doivent
être réhabilités, et le cardinal Lubachivsky doit avoir la permission de
retourner à Lvov.
Dans le but de pouvoir publier les noms des membres de la hiérarchie
catholique ukrainienne dans l’Annuaire Pontifical, les évêques uniates lancent un appel au gouvernement soviétique afin qu’il reconnaisse la hiérarchie uniate. Les évêques gréco-catholiques demandent que l’Eglise catholique ukrainienne soit élevée le plus vite possible au rang de Patriarcat.
Les évêques déclarent en même temps leur volonté de respecter le gouvernement "aussi longtemps que celui-ci ne viole pas la loi divine". Les catholiques ukrainiens sont des "citoyens responsables" qui soutiennent la
démocratisation ainsi que des "partisans actifs" de la perestroïka.
La déclaration est signée par l’archevêque Volodymyr Sterniuk et par les
évêques Filemon Kurchaba, Julian Voronovski, Mykhailo Sapryha, Sofron Dmyterko, Pavlo Vasylyk et Ivan Margltych. (apic/kna/mr)