Ukraine: Le Patriarcat de Moscou reconnaît les droits des uniates (120190)
Ukraine, 12janvier(APIC) Tout en affirmant le droit des fidèles de
l’Eglise ukrainienne-catholique à pratiquer leur religion, l’Eglise russeorthodoxe exprime à nouveau sa préoccupation face à la polarisation de la
situation en Ukraine. "La situation s’aggrave de jour en jour, parce que
les actes de violence se multiplient en Ukraine occidentale", a déclaré
l’archevêque Kyrill de Smolensk dans une interview publiée dans le quotidien italien "La Stampa". Une délégation du Vatican se rendra samedi à Moscou pour poursuivre le dialogue avec l’Eglise russe-orthodoxe.
Selon Mgr Kyrill, nouveau responsable du Département des Relations extérieures du Patriarcat de Moscou, le problème de l’Eglise uniate pourrait
être rapidement résolu, s’il ne dépendait que des Eglises catholique et orthodoxe. En principe, toutes les communautés religieuses d’URSS devraient
avoir les mêmes droits. Mais le principal problème vient de l’implication
de forces politiques nationalistes qui n’ont rien à voir avec le clergé.
Mgr Kyrill reproche aux autorités soviétiques leur passivité face aux actes
de violence commis. S’il se réjouit que l’Etat ne s’immisce pas dans les
affaires de l’Eglise, il lui demande cependant de faire respecter la loi.
Nombreuses occupations d’églises
Après la rencontre "positive" entre le pape Jean Paul II et le chef de
l’Etat soviétique Mikhaïl Gorbatchev le 1er décembre à Rome, la situation
s’est encore aggravée par l’occupation par les uniates de nombreuses églises orthodoxes leur ayant appartenu avant leur interdiction sous Staline,
en 1946. "Mais je crois que tant les orthodoxes que les catholiques sont
intéressés à trouver une solution pacifique et font confiance aux négociations", a ajouté Mgr Kyrill. La "construction solide" de "la maison commune
européenne", demandée aussi bien par le pape que par Mikaïl Gorbatchev, ne
peut se faire sans l’unité des Eglises chrétiennes.
L’Eglise russe-orthodoxe désire parvenir à cette unité par le dialogue
et la discussion franche. Mgr Kyrill pose une condition au mouvement oecuménique : que l’on cesse le recrutement de fidèles dans les autres Eglises.
Pour l’Eglise orthodoxe en effet, l’existence d’Eglises grecques-catholiques (de rite byzantin, dites uniates) appartenant à l’orthodoxie avant
d’être rattachées à Rome, sont un obstacle de taille à l’oecuménisme. C’est
justement le problème de l’Eglise uniate d’Ukraine - rattachée à Rome par
l’Union de Brest-Litovsk en 1596 et rattachée de force au Patriarcat de
Moscou en 1946 - qui sera au centre de la rencontre entre une délégation du
Conseil pontifical pour la Promotion de l’Unité des Chrétiens qui séjournera du 13 au 17 janvier à Moscou pour poursuivre le dialogue avec le Patriarcat de Moscou. Il s’agit du 7e dialogue de ce genre avec des responsables
du Patriarcat de Moscou. (apic/cic/cor)