Turquie: colloque sur la doctrine sociale de l’Eglise (300392)
Rome, 30 mars(APIC) Un colloque sur la doctrine sociale de l’Eglise s’est
ouvert lundi en Turquie. Cette rencontre organisée avec le soutien du Ministère des Affaires étrangères turc et de l’Université d’Ankara, réunit du
30 mars au 2 avril à Istanbul et à Ankara des experts catholiques désignés
par la Fédération Internationale des Universités catholiques (FIUC). Le
cardinal français Roger Etchegaray, président du Conseil pontifical Justice
et Paix a ouvert la séance. C’est la première fois qu’un tel colloque est
organisé dans un pays musulman.
Dans son discours inaugural, le cardinal Etchegaray a présenté le colloque comme un de ces "moments printaniers" où Eglise et Etat en Turquie
"vont se regarder, s’écouter, dialoguer dans le respect de leur compétence
et indépendance réciproques, mais aussi avec la même passion au service de
l’homme".
Le président du Conseil pontifical Justice et Paix a indiqué que l’Eglise, en proposant son enseignement social, ne prend pas parti pour un modèle
déterminé de civilisation. "Tout blocage politico-religieux est voué à
l’échec, il a été néfaste à l’Eglise chaque fois qu’elle a tenté de s’y appuyer", at-il affirmé. C’est pourquoi, "l’enseignement social de l’Eglise,
plus qu’un chemin, est une lumière; plus qu’un recueil de recettes, un cahier des charges énonçant un certain nombre d’orientations pratiques qui
doivent être honorées, mais qui peuvent l’être de différentes manières pour
qu’un projet de société se réalise".
La doctrine sociale ne concerne pas seulement l’Eglise catholique ou
chrétienne, a ajouté le cardinal: "la foi religieuse du musulman, comme la
foi du chrétien requièrent de chacun de nous une quête de justice, avec
sans doute, ici et là, des mots spécifiques, des accents différents. Mais
il n’y a qu’une seule justice, celle de Dieu, à laquelle tout croyant est
appelé à participer".
Le cardinal a cité les paroles de Paul VI, lors de sa visite à Ankara en
1967 quand il se demanda s’il n’était pas urgent de reconnaître et de
développer les liens spirituels qui unissent chrétiens et musulmans, afin
de "protéger et promouvoir ensemble, pour tous les hommes, la justice
sociale, les valeurs morales, la paix et la liberté". (apic/cip/jt/mp)