Tübingen: Hans Küng a 65 ans (180393)
Tübingen, 18mars(APIC) Le théologien suisse Hans Küng, personnalité
controversée au sein de l’Eglise catholique, fêtera vendredi son 65e anniversaire. Né à Lucerne, ordonné prêtre en 1954, Hans Küng est titulaire de
la chaire de théologie oecuménique et directeur de l’Institut de recherche
oecuménique de l’Université de Tübingen en Allemagne.
En 1979, après plus de dix ans de conflits, Hans Küng s’est vu retirer
la permission d’enseigner (missio canonica) par la Congrégation romaine
pour la doctrine de la foi, mais l’Université de Tübingen lui offre alors
un statut particulier qui lui permet de garder son activité d’enseignant.
Cette sanction qui avait pour but de le marginaliser, affirme-t-il, reste
pour lui "une grande injustice". Elle n’était pas fondée théologiquement,
douteuse au plan juridique et finalement particulièrement contre-productive
au point de vue de la politique ecclésiale, précise-t-il.
La Congrégation pour la doctrine de la foi lui reproche notamment ses
prises de positions ambigües sur la divinité du Christ et sur les ministères ordonnés et sa remise en cause de l’infaillibilité pontificale. "On admire la patience angélique qu’ont eu à son égard tant les autorités romaines que celles d’Allemagne", écrivait en 1979 Hans Urs von Balthasar en expliquant que le coeur du problème était la reconnaissance de l’existence
d’une autorité ecclésiale fondée sur le Christ. Mettre en doute cette autorité a pour contrepartie une liberté sans frein pour le théologien, signalait Hans Urs von Balthasar.
Une réhabilitation par Rome serait un motif de satisfaction personnelle,
reconnaît le théologien lucernois qui souligne qu’il est en faveur d’une
autorité faisant foi et contraigante dans l’Eglise. Mais cette autorité
doit être basé sur l’Evangile et non pas sur le droit canon.
Au lieu de reproduire les enseignements antiques et plus acceptés depuis
longtemps par les fidèles, la direction de l’Eglise devrait vraiment résoudre les problèmes urgents, estime-t-il. A côté des questions sexuelles, il
y a celles de l’ordination et de l’engagement des femmes ainsi que celle de
l’intercommunion avec les protestants. Le nouveau catéchisme "récemment fabriqué au Vatican est un instrument pour discipliner les théologiens, les
prêtres et les évêques", explique-t-il. Ces dernières années, le théologien
s’est particulièrement engagé pour le dialogue entre les religions: "sans
paix religieuse, il n’y a pas de paix mondiale", dit-il. Il est d’ailleurs
actuellement en train d’écrire une ’trilogie’ sur les trois grandes religions monothéistes.
A l’occasion de cet anniversaire, les amis et collègues d’Hans Küng ont
publié une biographie et un livre de travail dans lequel ils s’engagent
pour sa réhabilitation par Rome. (apic/kna/mp)