Troisième jour de la visite du pape au Portugal (120591)
Lisbonne, 12mai(APIC) Le pape Jean Paul II a entamé dimanche matin le
troisième jour de sa visite pastorale au Portugal par une rencontre avec le
Premier ministre portugais Anibal Cavaco Silva, avant de s’envoler pour
Funchal, capitale de l’île de Madère, où il a célébré une messe. Madère,
qui est une région autonome du Portugal, compte environ 318’000 habitants.
Au cours de la messe, Jean Paul II, en se référant au centre touristique
qu’est Madère, a parlé du "temps libre"; il a observé que le Seigneur a
permis à "l’humanité de ce siècle d’entrer dans la civilisation du repos",
et souligné que l’homme est appelé à réaliser la dimension active du Créateur et la rencontre avec la Création.
Le pape a en outre relevé que certaines formes de travail tendent "à dépouiller le travail même de sa dimension humaine au profit de l’efficacité
technique en se présentant comme une expérience aride réduite à l’automatisme des gestes et mouvements mécaniques scandés par le rythme, mais aussi
comme une expérience privée de rapports humains, une dimension au sein de
laquelle il devient difficile d’exprimer sa propre identité".
"Le progrès créé par la technique, a encore dit le pape, s’est limité
presque exclusivement à dominer la nature et ses produits, mais n’a pas
progressé de la même manière en ce qui concerne la domination que l’homme
est appelé à exercer sur son destin".
Au cours de l’Angélus, à la fin de la messe, Jean Paul II a rappelé que
le monde célèbre aujourd’hui la 25e Journée mondiale des communications sociales. "L’Eglise veut mettre en évidence que les moyens de communications
sociales doivent servir l’unité et le progrès de la famille humaine. Cela
impose non seulement pour ceux qui travaillent dans ce secteur mais aussi
pour ceux qui reçoivent le message, un clair discernement et un sens de la
responsabilité morale".
Fatima, point fort du voyage du pape
En fin de journée, Jean Paul II s’est rendu à Fatima, situé à environ
125 kilomètres au nord de Lisbonne. La visite au sanctuaire, qui se poursuivra lundi, constitue l’étape la plus importante du voyage du pape au
Portugal.
C’est dans la localité de Cova da Iria, près du village de Fatima,
qu’est apparue en 1917 et à six reprises la Vierge à trois enfants qui gardaient leur troupeau dans la montagne. L’un de ces enfants, Lucia vit aujourd’hui sa vie religieuse dans un couvent au Portugal, après être entrée
dans la vie religieuse en 1923. Les deux autres enfants, le cousin de Lucia, Francesco et la soeur de ce dernier, sont morts en 1919 et 1923.
Il s’agit de la seconde visite du pape à Fatima. Un an après l’attentat
dont il fut victime le 13 mai 1981, il avait effectué les 12 et 13 mai 1982
une première visite au sanctuaire de Fatima pour rendre hommage à la Vierge. En arrivant au Portugal vendredi, le pape avait déclaré vouloir se rendre à nouveau au sanctuaire pour remercier la Vierge de lui avoir sauvé la
vie il y a dix ans.
Au cours de la veillée mariale dans le sanctuaire du lieu, Jean Paul II
a exprimé sans nommé explicitement les pays de l’Est sa "gratitude à la
Vierge - qui avait parlé de la conversion de la Russie lors de sa troisième
apparition - pour avoir guidé avec affection maternelle les peuples vers la
liberté". Durant son huitième discours prononcé au Portugal, le pape a encore indiqué qu’"on veut, dans le respect des racines chrétiennes et dans
le désir profond de Jésus-Christ, trouver le chemin que les peuples de tout
le continent européen doivent parcourir". Il a demandé à la Vierge de Fatima de bénir le prochain Synode des évêques consacré à l’Europe, l’Europe
après les changements de l’Est. (apic/jt/pr)