Djakarta, 28juin(APIC) Mgr Carlos Filipe Ximenes Belo, administrateur
apostolique de Dili, capitale de Timor oriental, un territoire annexé par
l’Indonésie, a écrit au secrétaire général des Nations Unies, Javier Perez
de Cuellar, pour réclamer l’autodétermination pour cette ancienne colonie
portugaise. L’évêque de Dili écrit notamment qu’"en tant que personne
responsable envers l’Eglise catholique et en ma qualité de natif de Timor,
je vous demande d’entamer le processus de décolonisation à Timor de façon
normale et démocratique, c’est-à-dire par référendum".
Cette nouvelle a provoqué de fortes réactions de la part des autorités
indonésiennes. Le gouvernement indonésien, qui a occupé le territoire en
1975 pour l’incorporer ensuite en tant que province en 1976, affirme que
cet appel n’est ni fondé ni approprié. Les Nations Unies et le Saint-Siège
n’ont jamais reconnu l’annexion de Timor oriental par l’Indonésie.
Le pape à Dili ? Un casse-tête pour l’Eglise de Timor-Oriental
L’annonce non encore confirmée officiellement de la visite du pape Jean
Paul II à Dili en octobre prochain à l’occasion de son nouveau périple
asiatique provoque déjà bien des remous tant au Portugal qu’à Timor même.
Selon les observateurs, cette visite, si elle se réalise, risque de causer
des problèmes diplomatiques et politiques, puisque le pape entrerait sur le
territoire timorais grâce à l’aide de l’occupant indonésien, alors que le
Portugal est encore théoriquement la puissance administrante selon l’ONU.
"La visite est positive pour l’Indonésie parce qu’elle favorisera la reconnaissance internationale de l’intégration de Timor-Oriental", écrit le
journal des forces armées indonésiennes. Selon le journal indonésien Jakarta Post, le pro-nonce apostolique à Jakarta, Mgr Francesco Canalini, aurait
déclaré : "Il était difficile pour le pape de venir ici sans visiter la
plus forte communauté catholique" à Dili.
Malgré le désir du gouvernement indonésien que l’Eglise catholique de
Timor-Oriental soit dirigée directement par la Conférence épiscopale indonésienne, elle reste administrée par le Vatican tant que la situation
n’est pas réglée au niveau international. Le malaise à Dili face à cette
visite est réel et certains prêtres timorais ont fait part de leur crainte
que les Indonésiens ne tentent de manipuler cette visite et n’empêchent les
Timorais de parler de leur situation au pape. L’Eglise catholique de TimorOriental - qui rassemble plus des deux-tiers de la population - a dénoncé à
plusieurs reprises ces dernières années les tortures et les violations des
droits de l’homme commises par les forces d’occupation indonésiennes et la
volonté d’assimilitation culturelle de la population locale. Depuis l’invasion indonésienne de décembre 75, plus de 120’000 Timorais - sur un demimillion d’habitants - auraient perdu la vie en raison des opérations militaires et de la famine. (apic/spi/pr/be)