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    Timor-Est: Mgr Belo inquiet pour l’avenir

    "A Timor on ne trouve même pas un clou ou une brique"

    Dili, 30 novembre 1999 (APIC) "A plusieurs reprises j’ai demandé l’envoi à Timor-Est d’une force internationale, mais personne n’a bougé jusqu’à ce qu’il soit devenu évident que l’on devait intervenir pour arrêter les massacres", affirme Mgr Carlos Filipe Ximenes Belo, dans un entretien au quotidien catholique italien "Avvenire". Pour lui le principal problème est celui de la reconstruction.

    Pour l’évêque de Timor-Est, prix Nobel de la paix en 1996, "le pardon est important", mais la justice ne l’est pas moins. "On ne peut pas fermer les yeux devant toutes ces destructions. Beaucoup de gens ont été tués". "A plusieurs reprises, j’ai demandé à la communauté internationale d’envoyer une force multinationale, mais personne n’a bougé jusqu’à ce qu’il soit devenu évident que l’on devait intervenir pour arrêter les massacres", rappelle-t-il.

    Aujourd’hui, il n’y a plus de miliciens indonésiens à Timor-Est, et les Timorais sentent que la présence de la force internationale donne sécurité, paix et tranquillité. Mais Mgr Belo attire l’attention sur les difficultés de la reconstruction de l’île. "Ce sont les maladies et la faim qui nous angoissent le plus", explique-t-il. "Tout a été détruit. A Timor, on ne trouve même pas un clou ou une brique pour reconstruire une maison. Nous n’avons plus rien, ni maisons, ni écoles, ni travail, ni médicaments. Nous manquons de tout".

    Mgr Belo souligne cependant que l’Eglise est toujours vivante à Timor-Est, malgré la mort de religieux et de quatre prêtres du diocèse de Dili, et en dépit de la destruction de nombreuses églises. "Le peuple de Dieu, les prêtres et les soeurs continuent leur mission", assure-t-il. "Nous avons déjà commencé notre jubilé. "Un jubilé de croix, de souffrance, de mort. Mais il sera aussi un jubilé d’espérance".

    300’000 réfugiés encore à Timor-Ouest

    Plus de 300’000 réfugiés sont encore à Timor-Ouest, estime par ailleurs Mgr Belo, qui affirme que les autorités de Timor-Ouest les bloquent dans la partie occidentale de l’île. "Non seulement ils empêchent leur retour, mais ils les tiennent séquestrés", précise-t-il. "Les militaires indonésiens demandent cinq millions de roupies pour toute voiture qui veut traverser la frontière".

    Pour Mgr Belo, Timor doit être administré pour l’instant par les Nations-Unies, mais sa population doit être progressivement impliquée dans cette administration, pour qu’elle puisse se gouverner elle-même d’ici trois ans. "Nous sommes en train d’effectuer les premiers pas vers une nouvelle démocratie". Mais pour l’évêque la démarche de Xanana Gusmao, président du Conseil national de résistance timoraise, actuellement en Indonésie pour chercher des accords plus concrets pour l’avenir de Timor, intervient peut-être trop vite, parce que Gusmao "n’a pas la force de se présenter en qualité de président d’une nation". (apic/imed/tg)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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