Pas de soutien aux revendications d’indépendance
Lisbonne, 13octobre(APIC) Abilio Araujo, président de la représentation
extérieure du mouvement de libération du Timor Est "Fretilin" s’est déclaré
à Lisbonne "profondément déçu" au lendemain de la visite de cinq heures
qu’a effectuée le pape Jean Paul II dans l’ancienne colonie portugaise envahie militairement par l’Indonésie en 1975 et annexée l’année suivante. A
son avis, la population timoraise ressent "un sentiment d’abandon" parce
que le pape n’a pas répondu "à ses justes attentes". Le Portugal, de son
côté, qui ne reconnaît pas l’annexion de son ancienne colonie, s’est déclaré satisfait.
Les Timorais attendaient des paroles d’encouragement et de compréhension
pour leur combat, a-t-il affirmé, mais ils n’ont pu entendre que "des allusions vagues et qui n’engagent à rien sur les violations des droits de
l’homme". Abilio Araujo estime encore que le pape a parlé de Timor Est comme s’il s’agissait d’une partie de l’Indonésie, notamment parce qu’il n’a
pas baisé le sol de l’île comme il le fait habituellement quand il foule le
sol d’un pays pour la première fois. Il a également critiqué le fait que le
pape a utilisé un appareil militaire indonésien pour se rendre à Dili.
Pour le Conseil des Ministres du Portugal, le pape Jean Paul II n’a prononcé aucune parole ni fait aucun geste qui puissent être interprétés comme
une reconnaissance de l’annexion par l’Indonésie de Timor Est. Le pape,
estime le gouvernement portugais, a pu même s’exprimer plus clairement que
ne l’a fait jusqu’à présent la Conférence épiscopale portugaise. Il relève
que le pape s’est prononcé en faveur des droits de l’homme et qu’il n’a pas
utilisé durant la messe l’indonésien, mais l’anglais et le tetum, la langue
locale des Timorais. D’autre part, dans une note diplomatique envoyée avant
la visite du pape à Timor Est, le Vatican avait déjà rappelé que la position du Saint-Siège concernant le statut international de l’ancienne colonie portugaise n’avait pas changé. (apic/kna/be)