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    La presse écrite acteur de la vie sociale

    Thonon-les-Bains: IVe Journée d’étude des journalistes catholiques

    Thonon-les-Bains, 21 janvier 1999 (APIC) La presse écrite peut-elle rester au rang de simple observateur? Doit-elle entrer dans le jeu? Telles sont les questions que se posent aux quelques 150 journalistes catholiques réunis depuis jeudi à Thonon-les-Bains pour les IVe Journée d’étude François de Sales sur le thème: "Thonon-les-Bains: IVe Journée d’étude des journalistes catholiques".

    Rassemblés à l’imitation de la Fédération française de la presse catholique, du diocèse d’Annecy et de l’Université catholique de Lyon, journalistes, mais aussi directeurs de publication, éditeurs et responsable de la communication, échangent sur leur pratique professionnelle durant deux jours.

    Aujourd’hui, la presse souffre d’un malentendu de base, explique Joël Roman, rédacteur en chef de la revue "Esprit". Les acteurs sociaux, hommes politiques, syndicats, ou Eglises ont le sentiment de ne pas être écouter. Les médias n’ont d’intérêt que pour ce qui ne fonctionne pas et l’oublient sitôt l’actualité passée. Or le journaliste ne saurait être le seul habilité à parler et à interpréter les témoignages. Le système médiatique privilégie l’événement et l’urgence.

    Depuis deux siècles déjà, le journaliste est mal aimé et incompris, renchérit Yves Lavoinne, professeur de journalisme à l’Université Robert Schumann. Parce que médiateur, le journaliste est celui qui fait écran. Face à l’événement, face aux acteurs sociaux, il se trouve pris dans le dilemme: distance ou proximité? Selon qu’il adoptera l’une ou l’autre attitude, les acteurs sociaux le jugeront en bien ou en mal.

    Andréa Riccardi, historien et fondateur de la communauté romaine de San’Egidio, souffre de voir des thèmes et des réalités exclus des médias. "Les grands problèmes sont réservés à un petit nombre de spécialistes". Dans le système du "contradictoire spectaculaire" ce qui ne correspond pas à ce double critère n’existe pas.

    Pour le professeur italien, le journaliste n’est pas un prophète, ni même un prédicateur, mais un veilleur dont l’horizon est plus large. Il s’agit de se libérer d’une presse "sans réflexion et sans capacité de cœur". Dans le rôle qui lui est donné, le journaliste doit trouver un espace de liberté contre l’autocensure, le conformisme, le désir de ne pas être dérangé...

    Un vrai programme sur lequel les professionnels de la presse sont appelés à débattre jusqu’à vendredi soir. (apic/mp)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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