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    Etudier la Bible pour améliorer les conditions de vie des femmes

    Tessin: Symposium international des femmes biblistes sur le Monte Verita

    Ascona,

    (APIC) 45 femmes biblistes de 17 pays réunies la semaine dernière sur le Monte Verita, au-dessus d’Ascona (TI), ont mis en évidence le rôle de la recherche biblique féministe dans l’amélioration des conditions de vie des femmes dans le monde.

    Les femmes qui étudient scientifiquement les textes biblique n’ont pas le droit de rester dans leur tour d’ivoire: la lecture de la Bible a toujours des implications sociales et politiques, explique le communiqué publié à l’issue de la rencontre. Les participantes au symposium d’Ascona partagent la conviction que les scientifiques féministes de l’exégèse peuvent promouvoir des conditions de vie plus justes pour les femmes. L’interprétation des textes bibliques et traités scientifiques sur la Bible doit pour cela "démasquer la domination patriarcale dans la tradition de l’exégèse et dans l’exégèse d’aujourd’hui" et soutenir les femmes dans leur lutte contre les mécanismes complexes de l’oppression, poursuit le communiqué.

    Toute religion qui oppresse se déshumanise

    Pour Viola Raheb, membre du Centre International de Bethléem, en Palestine, "toute religion qui oppresse se déshumanise". Le symposium a fourni l’occasion aux femmes chercheurs de définir ensemble dans quelles conditions l’exégèse pouvait libérer les femmes d’Afrique, d’Asie, d’Amérique du Nord et du Sud, d’Australie, d’Europe de l’Est et de l’Ouest. Même si face à la variété des environnements culturels, il n’y a pas de recette toute faite. "Partager une revendication commune ne veut pas dire que toutes les biblistes doivent se rallier au même programme et au même système", a estimé la théologienne catholique Silvia Schroer, professeur d’Ancien Testament et d’Environnement biblique à l’Université évangélique de Berne, et cheville ouvrière du séminaire.

    Les images, support important du message

    Face à la théologie féministe du Brésil, de l’Afrique du Sud ou encore de l’Inde, les biblistes européennes se sont rendues compte que la tradition biblique n’était pas placée sous leur unique prérogative. Pour développer toute la force de sa pensée, la Bible doit dialoguer avec les récits d’autres cultures et d’autres religions. Quant aux femmes non européennes, elles ont pris conscience de la signification de la Bible pour les chrétiens d’Europe de l’Est sous le régime communiste. Le poids des icônes de la tradition orthodoxe ou la portée des films bibliques de la société sécularisée a également été soulignée: l’image va beaucoup plus loin que la parole ou le texte.

    Envisager la Bible de façon responsable

    Sur la base de l’exposé d’Elisabeth Schüssler Fiorenza, professeur à Harvard, les participantes se sont demandé comment les théologiens pouvaient envisager la Bible de façon responsable. Prenant l’exemple de l’antijudaïsme de l’exégèse chrétienne ou du néocolonialisme qui entache l’interprétation occidentale, les femmes biblistes ont conclu que les échanges entre scientifiques étaient indispensables pour mettre en lumière les dangers d’une lecture par trop contextuelle de la Bible. (apic/com/gs/mjp)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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