Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Advertisement
  • Flash Info

    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
    no_image

    Tessin: on ne touche pas aux crucifix!

    "La laícité de l’Etat n’est pas absolue, mais relative et proportionnée"

    Lugano, 8octobre(APIC) L’exposition d’un crucifix dans les locaux où siègent habituellement les autorités législatives, exécutives ou judiciaires

    du canton du Tessin ne contredit pas le principe de la neutralité de l’Etat

    en matière religieuse exprimé dans l’article 49 de la Constitution fédérale. Tel est l’avis de Guido Corti, juriste de l’Etat du Tessin, à propos

    d’une pétition des libres penseurs concernant la présence de crucifix dans

    l’aula du Grand Conseil à Bellinzone.

    Déposée le 19 novembre 1988, la petition des libres penseurs est restée

    pendante en attendant la décision de la Commission des pétitions du Grand

    Conseil. Devant la complexité de la question et à la lumière d’une récente

    décision du Tribunal fédéral concernant les crucifix à l’école communale de

    Cadro, les membres de la Commision ont consulté le juriste du gouvernement,

    Guido Corti, pour savoir si les principes sanctionnés dans la sentence du

    Tribunal fédéral s’appliquaient au cas précis des crucifix exposés dans la

    salle du parlement cantonal.

    Le "verdict" de Guido Corti est négatif. Pour le juriste, la présence de

    crucifix dans les écoles n’a pas été jugé incompatible avec le principe de

    la neutralité de l’Etat en matière religieuse, mais spécifiquement avec celui de la neutralité confessionnelle de l’Etat dans les écoles publiques de

    l’enseignement obligatoire. L’exposition de crucifix au parlement doit être

    examinée selon le premier principe. Le juriste fait remarquer que la doctrine et la jurisprudence s’accordent pour retenir que la liberté de croyance et de conscience n’exige pas une neutralité absolue de l’Etat en matière religieuse. Si la Confédération et les cantons doivent s’abstenir

    dans leurs actes publics de toute considération confessionnelle suceptible

    de compromettre la liberté des citoyens qui manifestent leur laïcité, ils

    ne sont pas pour autant des Etats absolument et entièrement laïcs. Une neutralité religieuse absolue de l’Etat ne peut subsister que si, en pratique,

    elle s’identifie avec une séparation totale de l’Eglise et de l’Etat, ce

    qui n’est pas le cas au Tessin, note Guido Corti.

    Selon le juriste, la pétition des libres penseurs est basée sur une vision unilatérale du rôle de l’Eglise dans la société et sur une appréciation de la tradition chrétienne par trop limitée aux périodes les plus sombres de l’histoire de l’humanité. Cette vision est susceptible d’offenser

    l’opinion dominante de la majorité dans un Etat qui n’est pas indifférent à

    l’importance de la religion dans la vie de ses citoyens. Le précieux devoir

    de l’Eglise envers l’Etat et la société est pratiquement unanimement admis

    et la majorité des citoyens se reconnaît dans les valeurs fondamentales,

    essentielles également pour l’Etat, dérivées de l’Ecriture Sainte et

    défendues par l’Eglise.

    L’exposition de crucifix au parlement cantonal est uniquement le témoignage d’une certaine sensibilité de l’Etat à cette importance religieuse et

    à la civilisation chrétienne. On ne peut affirmer que par l’exposition de

    crucifix dans la salle du Grand Conseil, l’Etat s’entremette de matière intolérable dans les rapports de l’homme avec la divinité et porte ainsi préjudice aux convictions des citoyens qui professent d’autres confessions,

    sont athées, agnostiques ou indifférents en matière religieuse, estime Guido Corti.

    La parole est maintenant à la Commission, puis ce sera au Grand Conseil

    de prendre une décision. Mais une décision favorable à la pétition paraît

    improbable. (apic/ct/mp)

    Centre catholique des médias Cath-Info

    Les droits de l'ensemble des contenus de ce site sont déposés à Cath-Info. Toute diffusion de texte, de son ou d'image sur quelque support que ce soit est payante. L'enregistrement dans d'autres bases de données est interdit.

    Actualités liées

    Articles les plus lus