Territoires occupés: Toutes les activités économiques, (040291)
Les Eglises de Jérusalem lancent un appel aux Caritas du monde entier
Jérusalem, 4février(APIC) Face au couvre-feu total imposé depuis la mijanvier à l’ensemble des Territoires occupés - une punition collective qui
paralyse depuis trois semaines toutes les activités économiques, scolaires,
sanitaires et religieuses des populations palestiniennes - les Eglises
chrétiennes de Jérusalem lancent ce mardi un dramatique appel à l’aide aux
Caritas du monde entier. Elles demandent "non seulement du pain, mais la
justice."
"Les Territoires occupés - certaines localités depuis le 13 janvier déjà
- sont totalement bouclés depuis le 17 janvier, et depuis ce temps-là, ils
sont fermés littéralement comme une bouteille avec un bouchon... il est même interdit de se mettre à la fenêtre pour prendre le soleil, la situation
des familles nombreuses confinées dans des pièces exiguës est dramatique!"
Mgr Lutfi Laham, vicaire patriarcal grec-melkite catholique de Jérusalem,
ne mâche pas ses mots. Dans une interview accordée lundi à l’Agence APIC,
il lance un appel pressant à l’opinion publique internationale afin que le
couvre-feu imposé à la population palestinienne soit levé immédiatement :
"On est en train de faire de notre peuple un peuple mendiant et de pain et
de justice!".
On ne peut même pas enterrer décemment les morts
Depuis pratiquement trois semaines consécutives, il n’y a plus de messes
dominicales dans les paroisses de Bethléem, Beit Jalla, Beit Sahour, Ramallah, etc, et encore moins en semaine : "Il n’y a plus d’activités pastorales, tout est totalement paralysé", affirme Mgr Laham. Le responsable de la
communauté gréco-catholique de Jérusalem et des Territoires occupés explique que les lieux de culte sont inaccessibles, tout comme les écoles, les
bureaux, les champs ou les usines, sauf à Jérusalem. "On lève le couvre-feu
tous les deux ou trois jours - au début seulement après 5 ou 6 jours - durant trois ou quatre heures, et on ne peut quitter les limites de la localité. Les conséquences sont dramatiques pour les familles, les enfants et
les jeunes sans scolarité, les personnes âgées sans soins, les malades sans
médicaments... il n’est même pas toujours possible d’enterrer correctement
les personnes décédées!" C’est qu’il faut faire vite lorsque le couvre-feu
est levé, demander de multiples permissions...
Du point de vue économique, la situation est également très grave, car
les familles n’ont plus aucune source de revenus, ne peuvent même plus sortir leur bétail ou cultiver leur propre jardin. Ceux qui n’ont plus
d’épargne ne savent pas comment s’en sortir : "C’est une grande angoisse
face au futur". Quant à la nomination comme ministre sans portefeuille de
l’ancien général de Rahavam Zeevi, du parti Moledet (extrême-droite) qui
prône la déportation massive des Palestiniens des Territoires occupés, Mgr
Laham affirme que cela ne change pas grand’chose au niveau actuel de la
répression.
On ne se réjouit pas des SCUD qui tombent sur Israël
Contrairement à ce qui s’écrit dans la presse, affirme le prélat, les
Palestiniens ne se réjouissent pas vraiment des missiles irakiens SCUD qui
tombent sur Israël: il y a même des familles arabes qui ont accueilli des
familles juives dont les maisons ont été touchées par les attaques irakiennes. "On prête aux Arabes des sentiments selon lesquels ils seraient contents que les missiles tombent sur la population israélienne, affirme Mgr
Laham, mais les Palestiniens, au fond d’eux-mêmes, ne soutiennent pas l’injustice commise contre le Koweit et ils ne se réjouissent pas non plus des
bombardements irakiens; ils ont cependant un certain espoir que le
cataclysme du Golfe puisse contribuer à résoudre leur problème... Malgré le
fait que le monde n’est pas équitable envers les Palestiniens et qu’il utilise un "double standart" à notre égard, on ne peut pas applaudir une action inhumaine". (apic/be)