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    une nouvelle arme d’Israël pour étouffer l’agriculture de la région

    Territoires occupés: sanctions économiques contre les populations (291188)

    Jérusalem, 29novembre(APIC) Onze mois après le soulèvement de la population palestinienne des Territoires occupés, et deux semaines après la proclamation d’un Etat palestinien indépendant par le Conseil national Palestinien (CNP), la situation dans les zones occupées est de plus en plus

    dramatique. Alors que les Etats-Unis viennent de refuser un visa d’entrée

    au chef de l’OLP, Yasser Arafat, dans le but de l’empêcher de prononcer un

    discours au siège de l’ONU, la répression dans les Territoire occupés s’accentue. Militairement et économiquement, avec notamment de la part d’Israël

    un blocus sur les denrées qui pèse lourdement sur la vie quotidienne de

    centaines de milliers de personnes, c’est du moins ce qu’affirme dans un

    rapport le secrétariat de "Justice et Paix" à Jérusalem.

    Depuis quelques mois, une nouvelle forme de répression est apparue dans

    les territoires occupés. A celle des armes, des écoles et des universités

    fermées, s’ajoutent aujourd’hui les sanctions économiques dictées par Israël contre les villages de Cisjordanie, dénonce en effet "Justice et Paix.

    Blocus sur les denrées, taxes énormes prélevées, couvre-feu prolongé, vente

    de fruits défendue, récoltes interdites, écoulement du lait perturbé, etc,

    sont autant de mesures qui étranglent chaque jour davantage les habitants,

    dont 46% dépendent de l’agriculture. Les Territoires occupés occupés tirent

    pourtant une grande partie de ses ressources de l’agriculture puisque les

    revenus en provenance de ce secteur représente 37% du revenu total. Selon

    "Justice et Paix, le processus de développement a été profondément affecté

    depuis l’occupation israélienne. Aujourd’hui, dit-elle, ce pays contrôle

    l’ensemble des ressources naturelles en mettant en danger mortel l’agriculture palestinienne.

    Récoltes perdues

    En plus des sanctions ouvertes , la politique adoptée par Israël est

    d’imposer des couvre-feux prolongés au moment des récoltes ou de fermer militairement des zones précises. Selon les circonstances, explique le rapport, les fermiers ne peuvent pas sortir de leur maison, ni récolter leurs

    moissons ou leurs fruits. Cela, lorsque l’eau n’est tout simplement pas

    coupée, les machines agricoles et les animaux domestiques confisqués, les

    cultures et les produits maraîchers détruits dans les champs, sur les routes ou sur le marché même.

    Les autorités israéliennes justifient ces mesures par le fait que "ces

    villages sont des centres de révolte", dit "Justice et Paix" en ajoutant

    que ces mêmes autorités légitiment ces punitions collectives comme un moyen

    de neutraliser la population. Le village de Tel, peuplé de 3000 habitants,

    est célèbre pour ses figues. Entre août et novembre, il produit 500 tonnes

    de figues pour 5000 figuiers qui rapportent au village quelque 51.000

    francs. Après 25 jours de siège imposé à ce village au moment de la récolte, celle-ci est pratiquement perdue. A cela s’ajoute plus de 500 figuiers

    saccagés et 25 ânes confisqués par les autorités. Le siège a conduit le

    même problème pour l’écoulement du laitage, deuxième source de revenu. La

    fabrication de quelque 3.200 pots de yaourt quotidiennement produits par

    les paysans ne peut se poursuivre. Pour les producteurs, la perte se chiffre à 3000 francs par jour.

    Autre fait rapporté par "Justice et Paix": l’interdiction d’exporter le

    raisin. Au moment de la récolte, (août-septembre), c’est toute la région

    d’Hébron qui a été empêchée par les autorités d’occupation, d’exporter ses

    raisins vers la Jordanie, soit environ 30.000 tonnes.

    Actuellement, la saison des olives bat son plein, elle concerne tout le

    pays et la récolte de cette année promet d’être excellente. L’huile d’olive

    est aussi la principale ressource de Cisjordanie. L’Union Coopérative agricole du West Bank estime ainsi à 100 millions de dollars (environ 150 million de FS) le revenu annuel du marché de l’huile d’olive. Les autorités

    militaires viennent pourtant d’imposer une taxe prohibitive sur les pressoirs à huile, cette dernière peut se monter entre 10.000 et 25.000 dollars

    selon les cas. Conséquences: de nombreux propriétaires ne pouvant payer cet

    impôt n’ont pu ouvrir leur pressoir. De plus, ajoute le rapport, il semblerait qu’un décret militaire donnant une liste de tout ce qu’il est interdit

    d’exporter, inclut les olives. Déjà, plusieurs villages ont reçu l’interdiction de les cueillir. Bala, autre village de la Cisjordanie, a vu sa

    récolte détruite par l’armée et ses quatres pressoirs à huile fermés. Une

    dizaine d’autres localités se sont vus empêcher de ramasser les récoltes,

    d’autres pourraient à leur tour être sanctionnés.

    Une autre forme de punition collective, relève le secrétariat de "Justice et Paix", est l’arrachage des arbres fruitiers ou la destruction de cultures. A Burga, des dizaines d’hectares d’oliviers ont été passés au bulldozer pour motif de..."sécurité"; pour des motifs semblables, et à titre

    d’exemple, pour les seuls mois de mai et juin de cette année, entre Qualqilya et Jéricho, 3690 oliviers en été déracinés avec 4175 autres arbres

    fruitiers. Tant à Gaza qu’à Jéricho, des centaines de citronniers et

    d’orangers ont été détruits le long des routes, cependant que 500 hectares

    de blés étaient brûlés à Ihnismiah.

    La punition collective qui détruit peu à peu l’agriculture de la Palestine est une forme de répression, la destruction des maisons en est une

    autre. Elle constitue depuis 1967 une forme de punition particulièrement

    cruelle qui tend à s’aggraver aujourd’hui, avec le nombre de victimes, conclut le rapport. (apic/pr)

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