Terre Sainte: les Eglises chrétiennes de Jérusalem dénoncent (160192)
Les autorités israéliennes couvrent les agressions des colons juifs
Jérusalem, 16janvier(APIC) Les Eglises chrétiennes de Terre Sainte, dans
une déclaration publique signée par les principaux chefs religieux de Jérusalem, dénoncent à nouveau les actes hostiles des colons juifs dans la ville sainte et ses abords ainsi que la politique visant "à modifier le caractère démographique et unique de Jérusalem et son statut". Ils notent une
intensification des occupations et des agressions visant la communauté
chrétienne et déplorent l’attitude ambiguë des autorités israéliennes face
aux déprédations commises par les colons juifs.
La déclaration - signée par neuf responsables religieux, dont les patriarches grec-orthodoxe et latin de Jérusalem - rendue publique cette semaine mentionne toute une série d’incidents sérieux causés par les colons
juifs, et tolérés par les autorités d’occupation israéliennes. Ainsi, ces
derniers mois, le mouvement "Ateret Cohanim" a intensifié sa politique
d’implantation agressive dans Jérusalem et sa banlieue. "Malheureusement,
relèvent les responsables chrétiens, les autorités israéliennes, bien que
totalement conscientes des implications, ont adopté une attitude ambivalente face aux déprédations commises par les colons".
Un des incidents les plus sérieux mentionné dans l’appel des leaders
chrétiens est l’occupation de maisons à Siloé (Silwan) par des colons juifs
qui bénéficient de subventions publiques. Les occupants cherchent à chasser
d’autres familles de Silwan. Pour illustrer la politique israélienne, il
suffit de mentionner l’occupation depuis avril 1990 de l’Hospice de SaintJean, qui jouxte le Saint-Sépulcre, et qui n’a toujours pas été rendu à son
propriétaire légitime, le patriarcat grec-orthodoxe.
Les chefs d’Eglise condamnent également l’agression dont a été victime
la veille de Noël le vicaire patriarcal de l’Eglise syrienne catholique et
l’attaque de son couvent. Ils déplorent vivement que les autorités israéliennes, averties des menaces contre la vie du prélat, n’aient pas pris de
mesures préventives et aient même libéré les agresseurs. A l’aube du Nouvel-An, des vandales ont crevé les pneus de plusieurs voitures parquées
près du patriarcat arménien et appartenant à des institutions chrétiennes,
des missions consulaires et des résidents arméniens. Les auteurs de ces déprédations ont encore barbouillé des slogans racistes sur la porte du patriarcat.
Mise en danger de vestiges archéologiques chrétiens
Durant le week-end du 28 décembre, une rare mosaïque byzantine du 6e
siècle a été endommagée et la dédicace en grec de l’abside a été abimée de
façon irréversible. Deux chambres funéraires appartenant à un couvent arménien du 6e siècle ont été enterrées sous un monceau de rochers. Plusieurs
vestiges chrétiens - notamment au complexe monastique de Saint-Etienne,
près de la porte de Damas, et au monastère St-Georges, près de la porte de
Jaffa - ont été recouverts par de nouvelles routes. Les signataires de
l’appel demandent aux autorités israéliennes de prendre des mesures pour
préserver les récentes découvertes archéologiques de l’Eglise chrétienne
primitive à Jérusalem. Si de telles mesures ne sont pas prises pour protéger les sites archéologiques chrétiens, précise l’appel, les Eglises de Jérusalem demanderont "la protection internationale pour préserver notre héritage chrétien universel". (apic/com/be)