Levoca, 14juillet(APIC) Quelque 280.000 croyants, dont une majorité de
jeunes, ont participé à Levoca, Tchécoslovaquie, durant le premier week-end
de juillet, au traditionnel pèlerinage organisé dans le plus important
sanctuaire de ce pays, rapportent des témoins. Les autorités tchécoslovaques n’ont cependant rien fait pour faciliter ce déplacement de foule. Et
3000 fonctionnaires en civil ont opéré une véritable surveillance policière.
Dès le samedi soir, précisent les mêmes sources, Des milliers de pèlerins affluèrent vers le site montagneux de Levoca. Ceux-ci ont pris part à
un grand rassemblement consacré à la prière et à la célébration. Méditations et chants se sont poursuivis toute la nuit pour les groupes de participants, cependant qu’une cinquantaine de prêtres s’étaient répartis pour entendre les confessions des pénitents. Des jeunes avaient dressé des tentes.
Groupés autour de feux de camp, ils ont échangé leurs expériences, prié et
chanté avant de participer à un chemin de croix nocturne.
Le lendemain, une grande célébration eucharistique a mis un terme à ce
pélerinage. Dans son homélie, l’administrateur diocèsain de Spis, Mgr Stefan Garaj, a exhorté les fidèles à traduire dans leur vie de tous les
jours, à l’école comme sur les lieux de travail, la foi ravivée lors de
cette rencontre.
Devant 3000 policiers
Dans le but de surveiller et même de photographier les participants,
près de 3000 policiers se trouvaient sur les lieux. Ces derniers se sont
toutefois abstenus d’intervenir au cours du pèlerinage. Quant aux responsables de l’Eglise, ils estiment que l’affluence des pèlerins aurait encore
pu être plus importante si les déplacements avaient été facilités par les
autorités.
L’absence de trains ou d’autobus supplémentaires, ainsi que le mauvais
état des routes conduisant au sanctuaire, furent autant d’éléments pour
décourager bon nombre de croyants, pensent les responsables. Qui ajoutent:
"A commencer par les vieillards ou les invalides, incapables de soutenir
une longue marche". Ni les sanitaires ni l’eau potable sont installés sur
le site du sanctaire malgré les demandes répétées des religieux.
Pressions sur un journaliste
Un collaborateur de l’agence de presse catholique autrichienne
"Kathpress", Georg Motylewitz, s’est vu dans l’obligation de remettre à la
police locale les photos, les enregistrements et les notes prises au cours
de ce pèlerinage.
Après avoir soumis le journaliste à un interrogatoire de trois heures et
écouté des interviews dans lesquels plusieurs témoins s’exprimaient au sujet des difficultés de l’Eglise en Tchécoslovaquie, les policiers ont
déclaré qu’il s’agissait là de "provocations". M. Georg Motylewitz a néanmoins été remis en liberté non sans avoir, auparavant, été menacé d’emprisonnement. (apic/kpr/pr)