Rome, 26juillet(APIC/CIP) Jean Paul II vient de nommer un archevêque et
trois nouveaux évêques en Tchécoslovaquie, un jour après la nomination d’un
nouvel évêque à Minsk en Biélorussie. Il s’agit de Mgr Jan Sokol, que Jean
Paul II avait déjà nommé administrateur apostolique de Trnava en mai 1988.
Il vient d’être nommé archevêque de Trnava. Mgr Sokol est âgé de 55 ans.
Mgr Frantisek Pondra, 53 ans, jusqu’ici curé-doyen de Levoca, est nommé
évêque de Spis. Mgr Joseph Koukl, 61 ans, est nommé évêque de Litomerice,
où il enseignait depuis 1970 la théologie morale à la Faculté de Théologie.
Mgr Frantisek Vanak, 73 ans, est nommé administrateur apostolique de l’archidiocèse d’Olomouc. Il était jusqu’ici curé de Rymarov.
Ces quatre nouvelles norminations sont le résultat des négociation de
ces dernières années, a expliqué le vice-directeur de la salle de presse du
Vatican. Désormais, trois circonscriptions ecclésiastiques de
Tchécoslovaquie, celles de Trnava, Litomerice et Spis, disposent d’un
gouvernement normal. Quant à l’archidiocèse d’Olomouc, il est administré
par un évêque qui a tous les pouvoirs d’un évêque résidentiel, sans en
avoir le titre officiel. Le Vatican espère, bien entendu, arriver bientôt à
une normalisation de la situation pour cet archidiocèse.
Un accord pour une normalisation par étapes
Le porte-parole du Vatican a aussi précisé que l’on était parvenu à un
accord "pour régler par étapes la situation pour tous les sièges", mais que
subsiste toujours "le problème du choix des candidats pour ces sièges". Le
vice-directeur de la salle de presse du Saint-Siège a fait allusion à l’association tchécoslovaque "Pacem in Terris", une association qui rassemble
plusieurs prêtres qui acceptent de collaborer avec le gouvernement de Prague, mais qui est tout à fait réprouvée par le Vatican.
En 1973, lors de la nomination de quatre évêques tchécoslovaques par le
pape Paul VI, le Vatican avait accepté un compromis : qu’au moins un des
évêques appartienne à "Pacem in Terris". Les résultats de ce compromis se
sont révélés désastreux, "à cause de la discordance entre le magistère du
pape et le magistère de l’évêque de Pacem in Terris", précise-t-on à Rome.
C’est pourquoi, en dépit de la critique tchécoslovaque qui crie aux "discriminations" entre membres et non membres de l’association sacerdotale
condamnée par le Vatican, les évêques que Jean Paul II vient de désigner
sont tous "fidèles à Rome". "Le Saint-Siège a des critères et il doit s’y
tenir", a encore souligné le porte-parole du Vatican.
Le succès auquel est parvenu la délégation vaticane conduite par Mgr
Colasuonno demeure toutefois partiel. Plusieurs diocèses sont toujours sans
évêque depuis plusieurs années et les ordres religieux n’ont pas encore été
reconnus par le gouvernement qui les a abolis au lendemain de la seconde
guerre mondiale. "Nous n’en sommes qu’au début d’un chemin que nous avons
l’intention de poursuivre", a déclaré à ce propos le vice-directeur de la
salle de presse du Saint-Siège. Et d’ajouter : "Le Saint-Siège est engagé
dans différentes rencontres avec les autorités gouvernementales en
Tchécoslovaquie, et cela en vue d’accords visant non seulement à pourvoir
les diocèses de pasteurs légitimes, mais aussi à normaliser la situation
des catholiques et des fidèles dans un pays où les traditions chrétiennes
ont des racines profondes et appartiennent à son histoire".
Six diocèses sans évêques
Pour les 15 millions de catholiques qui vivent aujourd’hui en
Tchécoslovaquie, il y a à peine 3’000 prêtres et beaucoup sont empêchés
d’exercer leur ministère.
Le pays compte 13 circonscriptions ecclésiastiques : 3 archidiocèses, 9
diocèses de rite latin et un diocèse de rite byzantin.
Les trois archidiocèses de Prague, Trnava et Olomouc, sont aujourd’hui
pourvus d’un évêque. Il y a également un évêque dans chacun des trois
diocèses de Litomerice, Banska-Bistrika et Spis. Mais les six diocèses de
Ceske-Budejovice (Bohême), Brno (Moravie), Kosice, Nitra, Roznava et
Presnov, tous les quatre en Slovaquie, n’ont toujours pas d’évêque. Un
dernier diocèse, celui de Hradec-Kralove (Bohême), dispose d’un
administrateur apostolique, mais celui-ci est toujours empêché d’exercer
son ministère. (apic/jt/cip/bd)