Radio Vatican devrait "modérer ses attaques"
Prague, 25janvier(APIC) Le gouvernement tchécoslovaque veut améliorer ses
relations avec le Vatican et est intéressé à trouver une solution en ce qui
concerne l’occupation des sièges épiscopaux vacants en Tchécoslovaquie, a
déclaré mardi à Prague Vladimir Janku, vice-ministre et directeur du
Secrétariat pour les Affaires ecclésiastiques. A condition toutefois que
l’on reconnaisse la position du gouvernement et que Radio Vatican "modère
ses attaques" contre Prague.
Vladimir Janku a séjourné dans la capitale italienne du 16 au 20 janvier
pour une visite "inofficielle" à la tête d’une délégation gouvernementale.
Il a rencontré à cette occasion Mgr Francesco Colasuonno, nonce avec charge
spéciale et qui s’occupe des pays de l’Est. Actuellement 10 des 13 diocèses
de Tchécoslovaquie n’ont plus d’évêque à leur tête, car le Vatican et les
autorités de Prague ne peuvent s’entendre sur le nom de candidats.
De l’avis du directeur du Secrétariat pour les Affaires ecclésiastiques,
la condition pour la nomination de nouveaux évêques est "le respect de notre revendication que les candidats à l’épiscopat entretiennent de bonnes
relations avec l’Etat et que les prêtres patriotiques, qui soutiennent la
voie du développement socialiste choisie par le peuple tchécoslovaque, ne
soient pas discriminés". Vladimir Janku n’a pas précisé si, en parlant de
prêtres "patriotiques", il faisait allusion aux membres de "Pacem in terris", une organisation proche du régime condamnée par le Vatican. Le responsable tchécoslovaque a qualifié de "cordiaux" les entretiens qu’il a eus
au Vatican et affirmé que les deux parties se seraient mises d’accord que
Radio Vatican devait agir "en accord avec la position du Saint-Siège" et
que devaient cesser "les voix qui nuisent aux bonnes relations".
De son côté, le cardinal Frantisek Tomasek, archevêque de Prague, a
écrit aux autorités pour protester contre les violences policières de ces
derniers jours lors des manifestations pacifiques organisées pour le vingtième anniversaire de la mort de Jan Palach, cet étudiant tchèque qui
s’était immolé par le feu peu après l’invasion soviétique de la Tchécoslovaquie. Le cardinal relève que les violences exercées par les organes de
sécurité ont fortement secoué la confiance des croyants et d’une grande
partie de la population et que la violence pure ne peut étouffer l’ aspiration justifiée des citoyens à vivre dans un espace de liberté.
(apic/kpr/kna/be)