Tchécoslovaquie : pétition pour la liberté religieuse (170188)
Prague, 17janvier(APIC/CIP) Plus de 5’000 catholiques tchécoslovaques ont
signé ces dernières semaines une pétition en 31 points protestant contre
les normes restrictives de l’Etat à l’égard de l’Eglise et demandant le
rétablissement total de la liberté religieuse en Tchécoslovaquie. Ce n’est
pas la première fois que les catholiques de ce pays font entendre leur voix
contre les pratiques de l’Etat, mais c’est la première fois qu’une pétition
avec des revendications précises circule dans le pays. Voici les 31 points
de cette pétition rédigée peu avant Noël et signée par l’archevêque de Prague, le cardinal Frantisek Tomasek.
1) Notre demande fondamentale est la séparation de l’Eglise et de l’Etat,
de là découle que l’Etat ne peut s’immiscer dans l’organisation et l’activité de l’Eglise.
2) Nous demandons que les organes de l’Etat ne mettent pas d’obstacles à la
nomination de nouveaux évêques. La nomination de nouveaux évêques doit rester une affaire interne de l’Eglise, sans que l’Etat ne s’en mêle.
3) Nous demandons que les organes de l’Etat n’interfèrent pas dans la nomination de nouveaux curés.
4) Nous demandons que les organes de l’Etat n’interviennent pas dans le
choix et dans la limitation du nombre des étudiants en théologie et n’influencent pas le choix des professeurs.
5) Nous demandons le rétablissement de la Faculté de théologie d’Olomouc.
6) Nous demandons l’introduction du diaconat permanent selon la décision
prise par Paul VI le 18 juin 1967.
7) Nous demandons que l’activité de tous les ordres religieux masculins et
féminins - y compris l’admission de nouveaux membres - soit restaurée, comme c’est le cas dans les pays voisins de la République démocratique allemande et la Pologne.
8) Nous demandons que l’on reconnaisse le droit des fidèles à fonder des
mouvements laïcs libres.
9) Nous demandons que l’instruction religieuse en dehors de l’école puisse
être menée dans les locaux de paroisse ou dans les églises.
10) Nous demandons que l’on autorise les prêtres à visiter les prisons et
les hôpitaux sur demande des détenus et des malades ou de leurs parents.
11) Nous demandons l’autorisation des exercices spirituels pour les laïcs.
12) Nous demandons que chaque prêtre dans notre pays - comme c’est déjà le
cas dans d’autres Eglises et Etats - puisse avoir un Conseil pastoral ou
sont représentés les laïcs qui aident le curé.
13) Nous demandons la possibilité de contacts dans une juste mesure avec
d’autres organisations chrétiennes dans le monde entier.
14) Nous demandons que les citoyens croyants soient autorisés à participer
à des pèlerinages à l’étranger, que ce soit à titre individuel ou de manière organisée.
15) Nous demandons que les citoyens croyants aient droit au plein accès des
publications religieuses selon les nécessités effectives. On doit en outre
permettre la fondation de maisons d’édition religieuse dirigées par des
représentants de l’Eglise.
16) Nous demandons que la reproduction et la distribution de textes religieux ne soient pas considérées comme activités illégales.
17) Nous demandons que soit possible l’introduction de l’étranger de littérature religieuse selon les intérêts et les nécessités des croyants.
18) Nous demandons le droit à des émissions religieuses à la radio et à la
télévision après accord avec les ordinaires actuellement en place et plus
tard avec le président de la Conférence épiscopale.
19) Nous demandons la fin du brouillage délibéré de Radio Vatican en
tchèque et en slovaque et de la retransmission dominicale de la messe de
Radio Free Europe.
20) Nous demandons que soit possible non seulement la propagande athéiste
mais aussi la diffusion du christianisme à travers prêtres et laïcs. Ainsi,
comme les marxistes et les athéistes ont le droit de juger de façon critique la religion et l’Eglise, les chrétiens et les citoyens en général
devraient également avoir le droit de juger de façon critique la doctrine
de Marx et de Lénine sans que cela soit considéré comme un délit.
21) Nous demandons que les biens ecclésiastiques confisqués par l’Etat, qui
ont été constitués par des moyens mis à disposition par des citoyens
croyants et qui sont nécessaires à l’activité de l’Eglise, soient restitués.
22) Nous demandons qu’il soit possible de construire de nouvelles églises
là ou c’est nécessaire.
23) Nous demandons que croix, statuts, chapelles et autres signes religieux
et culturels du temps de nos ancêtres, ne soient plus éliminés arbitrairement des rues, des chemins, des champs, des villages et des villes.
24) Nous demandons que l’on retire au Secrétaire d’Etat pour le culte les
pleins pouvoirs sur les nominations et les mutations, ainsi que le droit à
intervenir dans d’autres activités des prêtres.
25) Nous demandons la rapide et pleine réhabilitation des prêtres, religieux et laïcs engagés condamnés illégalement.
26) Nous demandons d’empêcher la discrimination des croyants sur les lieux
de travail - et avant tout dans l’enseignement.
27) Nous demandons que les citoyens croyants aient la possibilité dans le
cadre d’un droit de pétition de prendre position sur divers problèmes chaque fois que, en conscience, ils considèrent que cela relève de leur devoir
moral.
28) Nous demandons que l’on supprime ces dispositions administratives qui
criminalisent illégalement une grande partie de l’activité religieuse des
prêtres et des laïcs.
29) Nous demandons que l’on complète ou modifie les paragaphes 16, 20, 24,
28 et 32 de notre Constitution, afin qu’ils soient en accord avec nos
revendications.
30) Nous demandons en outre que toutes les lois en vigueur, qui, directement ou indirectement, touchent le domaine religieux soient en accord avec
les Pactes internationaux sur les droits de l’homme.
31) Nous demandons l’instauration d’une commission mixte composée de
représentants des organes de l’Etat, de l’Eglise catholique - y compris des
laïcs nommés par le cardinal Tomasek - et des représentants de l’Eglise
catholique en Slovaquie, qui doivent s’occuper de nos propositions.
(apic/jt/be)