Tchécoslovaquie: opposition à un retour en force des Eglises (080492)
Prague, 8avril(APIC) Une opposition toujours plus déterminée se manifeste
en Tchécoslovaquie contre le renforcement des Eglises. C’est ce que déclare
le Vice-Premier ministre de la République fédérale tchèque et slovaque Jozef Miklosko. La loi qui prévoit la restitution d’un grand nombre de bâtiments et de terrains aux Eglises, doit être votée au parlement cette semaine. Elle s’est déjà heurtée en mars à une vive opposition des communistes,
mais d’autres partis ont aussi émis des réserves.
La plus grande partie des restitutions doit aller à l’Eglise catholique.
Selon Jozef Miklosko, "il n’était pas très intelligent tactiquement" de la
part des évêques catholiques, de tout réclamer. En agissant ainsi ils ont
donné des arguments aux forces anticléricales et antireligieuses. La séance
du parlement de la semaine prochaine est la dernière avant les nouvelles
élections législatives de juin.
Jozef Miklosko, responsable des affaires ecclésiastiques au sein du gouvernement, défend pourtant le projet de loi. Sous le régime communiste, les
Eglises ont subi de grands dommages et se trouvent souvent sans moyens financiers. Les prêtres sont toujours payés par l’Etat. Afin de rendre possible une séparation entre l’Eglise et l’Etat, les communautés religieuses
doivent être en situation de se financer elles-mêmes. Selon le voeu du vice-premier ministre, les contributions aux Eglises devraient être déductibles des impôts.
La rénovation des églises, des couvents et des autres immeubles impose
une lourde charge aux Eglises, car les bâtiments sont souvent laissés à
l’abandon. L’Etat doit aussi contribuer au maintien de ces bâtiments qui
sont souvent des monuments historiques de grande valeur.
La question des écoles religieuses pose aussi de grandes difficultés. Si
l’Eglise possède un bâtiment pour fonder une nouvelle école, cela se fait
rapidement et sans problème. Mais à cause du manque de bâtiments disponibles, dans de nombreux cas cela n’est pas possible . Si une école d’Etat
doit revenir à l’Eglise, on rencontre l’opposition de la direction et d’une
partie des maîtres. Pour Jozef Miklosko, il s’agit là des conséquences de
l’ère communiste où les directeurs d’école étaient "sans exception" des fidèles du Parti. Il y a actuellement en Tchécoslovaquie 80 écoles religieuses et la demande est très grande, mais la question du financement n’est
pas résolue. Le vice-ministre plaide pour une prise en charge partielle par
l’Etat, par exemple le paiement des maîtres.
Jozef Miklosko s’est prononcé en outre pour une modification de la loi
sur l’avortement. Actuellement toutes les femmes de plus de 16 ans peuvent
avorter, sans donner leurs raisons et, pour les mineures sans demander
l’autorisation des parents. Si la cliente en fait la demande, les médecins
sont obligés d’effectuer l’opération. Chaque année, 180’000 avortements
sont effectués. Selon Jozef Miklosko, une proposition de modification de la
loi doit être faite au parlement de Slovaquie avant les élections de juin,
mais pas encore au parlement tchèque. (apic/kpr/mp)