Tchécoslovaquie : les nominations (240789)
Prague, 24juillet(APIC/CIP) Les nominations de nouveaux évêques en
Tchécoslovaquie, qui semblent imminentes depuis le début de l’été, se font
décidement attendre. Parti à Prague à la mi-juillet pour une visite de
quatre jours dans le but de négocier avec le gouvernement tchécoslovaque,
Mgr Francesco Colasuonno, nonce apostolique avec charge spéciale pour les
pays de l’Est, ne semble pas être rentré à Rome avec les résultats
qu’espérait le Vatican. A l’évidence, les autorités de Prague ont dû
proposer, pour les sièges épiscopaux à pourvoir, des candidats qui n’ont
pas du tout la faveur du Vatican.
Il est difficile de savoir dans quelle mesure le Saint-Siège peut être
déçu des récents pourparlers de son envoyé spécial dans la capitale tchécoslovaque. Le cardinal Tomasek, qui est certainement très bien informé de
la situation, ne se trouvait pas à Prague le 24 juillet. Son évêque auxiliaire, Antonin Liska, a déclaré à l’agence de presse catholique autrichienne "Kathpress", lors d’un entretien téléphonique, que lui non plus
n’avait pas séjourné dans la capitale depuis deux jours mais qu’à sa connaissance, les négociations "ne s’étaient pas trop mal passées".
Quatre nominations en attente
Selon les renseignements fournis début juillet par Mgr Liska à l’agence
Kathpress à Vienne, l’Eglise catholique tchécoslovaque espère pour très
bientôt quatre nominations d’évêques.
La principale nomination concernerait l’archidiocèse morave d’Olomouc,
provisoirement administré par le professeur Vytemal, président de
l’organisation de prêtres "Pacem in Terris" (organisation proche du régime
mais interdite par le Saint-Siège) et doyen de la faculté de théologie de
Litomerice. Selon des milieux d’Eglise bien informés, le nouvel archevêque
d’Olomouc pourrait être le professeur Joseph Loulk, 63 ans, jusqu’ici
enseignant à la faculté de théologie de Litomerice.
On attend également une nomination épiscopale pour le diocèse même de
Litomerice, qui est pour le moment administré par un vicaire capitulaire,
l’abbé Joseph Hendrich. Etant donné l’âge de ce prêtre (70 ans), on lui
adjoindrait sans doute un évêque coadjuteur, donc avec droit de succession.
Enfin, l’archidiocèse slovaque de Trnava ne dispose que d’un
administrateur apostolique, Mgr Jan Sokol, 56 ans. Il serait question de
nommer celui-ci archevêque.
Dix sièges épiscopaux vacants
Si les pourparlers entre Prague et Rome aboutissent, les trois
archidiocèses de Tchécoslovaquie - celui de Prague en Bohême, celui
d’Olomouc en Moravie et celui de Trnava en Slovaquie - auraient enfin un
archevêque résidentiel. En attendant, dix des treize diocèses du pays - et
certains depuis des dizaines d’années - n’ont toujours pas d’évêques. Dans
la plupart des cas, la raison en est que les candidats prévus par le
Saint-Siège n’ont pas été acceptés par le gouvernement de Prague. Deux
évêques officiellement nommés par le Vatican, à savoir l’administrateur
apostolique de Hardec Kralove, Mgr Karel Otcenasek, et un des évêques
auxiliaires du cardinal Tomasek à Prague, Mgr Kajetan Matousek, ne peuvent
pas exercer leur ministère épiscopal.
Des centaines de prêtres se sont également vu interdire par le
gouvernement tchécoslovaque tout exercice de leur ministère. Et la
nonantaine d’ordinations sacerdotales par an (54 en Slovaquie cette année
contre 47 l’an dernier; 35 en Bohême et Moravie contre 40 l’an dernier) ne
suffit pas à enrayer le vieillissement du clergé. (apic/cip/mg)