un certain "triomphalisme" de l’Eglise catholique
La visite de Jean Paul II : "une marche triomphale!"
Prague, 5avril(APIC) A quelques jours de la visite du pape Jean Paul II
en Tchécoslovaquie, les 2l et 22 avril prochain, les représentants des
Eglises protestantes de Tchécoslovaquie ont exprimé leurs craintes devant
les manifestations, dans leur pays, d’un certain "triomphalisme" de la part
de l’Eglise catholique. Ils estiment que la visite de Jean Paul II est conçue "comme une marche triomphale", échelonnée par des manifestations comme
à Bratislava, où l’on attend quelque 500’000 personnes.
Selon les protestants tchécoslovaques, le risque d’une nouvelle "mission
d’en haut" engagée par le Vatican n’est pas exclu. Les protestants sont inquiets car ils craignent que l’oecuménisme de base fondé sur la prière et
l’étude commune de la Bible soit effacé au profit d’un catholicisme qui affirme haut et fort qu’il est "l’espoir et le salut des peuples tchèque et
slovaque". En effet, durant la période des "quarante années difficiles" des
chrétiens protestants et catholiques ont pu mettre en oeuvre une traduction
oecuménique de la Bible et se rapprocher dans la réflexion et l’action.
Lors d’une récente rencontre organisée par la Conférence des Eglises européennes (KEK) et le Conseil oecuménique des Eglises (COE), au cours de
laquelle ces craintes ont été exprimées, les chrétiens tchèques et slovaques ont également fait une première évaluation de la situation de leurs
Eglises dans le nouveau contexte national.
Réapprendre la pratique de la démocratie.
Les chrétiens de Tchécoslovaquie ont été d’abord joyeusement surpris:
"Nous avions peur, les anciens responsables partis, de ne pas disposer des
cadres nécessaires au maintien du bon fonctionnment du pays; nous pensions
manquer de personnalités ayant des conceptions claires. Maintenant, tout
semble fonctionner, mais différemment: le gouvernement arrive en bus au
Parlement, les ministres sourient, ils sont si proches, comme "notre Havel"
(Vaclav Havel, Président de la République)".
Cependant, les temps restent difficiles pour le pays et il revient aussi
aux chrétiens d’empêcher que soit bradé, ou arraché au peuple, ce qui a été
durement acquis au cours des quarante années passées. Par ailleurs , ils
découvrent avec étonnement et joie que certains termes du langage biblique
ont une application concrète immédiate dans la réalité nationale. C’est
ainsi qu’au sujet du "pardon", les délégués tchèques et slovaques remarquent que "s’il est indispensable d’analyser avec sérieux le déclin du
communisme et les quarante années passées, il n’appartient pas aux chrétiens de juger les hommes, même s’ils se sont souvent comportés en adversaires redoutables". (apic/spp/ba)