Tchécoslovaquie : la nomination (231187)
Rome, 23novembre(APIC/CIP) Le dialogue entre le Vatican et les autorités de Prague reste en butte à des difficultés à propos de la nomination de
nouveaux évêques.
La semaine dernière, lors des funérailles de Mgr Julius Gabris, 73 ans,
qui était l’administrateur apostolique du diocèse de Trnava, une rencontre
avait eu lieu entre la délégation vaticane présente aux funérailles,
présidée par Mgr Achille Silvestrini, secrétaire du Conseil pour les Affaires publiques de l’Eglise, et le vice-ministre des Affaires étrangères
tchécoslovaque.
Une rencontre brève, et qui n’a pas débouché sur un résultat concret. Le
dialogue devrait être renoué au cours du mois de décembre, mais on ignore
quelles sont les personnalités qui prendront part au colloque : un responsable du Bureau pour les Affaires religieuses ou un haut représentant du
gouvernement comme Bohuslav Chnoupek, le ministre des Affaires étrangères,
qui a effectué une visite au Vatican en 1984 ? Depuis, il n’y a eu qu’une
seule rencontre de haut niveau, en juillet 1985, quand le secrétaire d’Etat
du Vatican, le cardinal Agostino Casaroli, a participé à Prague aux
célébrations du jubilé des saints Cyrille et Méthode.
Le contact de la semaine dernière a permis de renouer le dialogue au
plus haut niveau. Lors d’entretiens avec le vice-ministre des Affaires
étrangères, les représentants du Vatican ont abordé la question de la nomination d’évêques dans les diocèses vacants et ont dit leur préoccupation
face à l’âge avancé des quatre derniers évêques en charge.
Après la mort de Mgr Julius Gabris, neuf diocèses tchécoslovaques sur
treize restent sans évêque. Il faut y ajouter le diocèse de Presov, dont
Mgr Hirka, nommé par le Vatican, n’a pas été reconnu par l’Etat.
L’évêque le plus jeune a 75 ans. Depuis quinze ans, le Vatican tente
vainement d’obtenir l’approbation gouvernementale nécessaire pour la
nomination de nouveaux évêques. Lors des récents entretiens, une
controverse est née à propos de la succession provisoire de Mgr Gabris à
Trnava. Selon le nouveau code de droit canon, le "Collège électoral" du
diocèse de Trnava aurait dû élire le Père Jan Sokol, en qualité
d’administrateur diocésain. Le Père Sokol est une personnalité qui jouit
d’une grande sympathie dans le pays, mais pas de la part du gouvernement :
ce dernier lui reproche d’avoir été désigné par le clergé diocésain, et
plus encore son indépendance vis-à-vis du mouvement "Pacem in terris",
soumis au régime, mais interdit par Rome.
Selon l’agence catholique autrichienne "Kathpress", le Bureau pour les
Affaires Religieuses de Prague s’oppose à la nomination, bien que provisoire, de Mgr Sokol. Les autorités ont fait savoir que, pour elles, reste valable - faute d’un accord avec le Saint-Siège, l’ancien code de droit canon
de 1917, et non le nouveau code de 1983. Selon l’ancien code, l’élection
d’un administrateur apostoplique revient en effet au chapitre diocésain.
(apic/jt/be)