l’égard de la "diplomatie secrète" du Vatican
Plus de confiance dans la force de sa base que dans la diplomatie
Prague, 14avril(APIC) Des personnalités catholiques tchécoslovaques de
premier plan se montrent critiques à l’égard de la "diplomatie secrète" que
mène actuellement avec les autorités de Prague une délégation du Vatican
emmenée par Mgr Francesco Colasuonno, nonce avec charge spéciale pour les
pays de l’Est. Dans une interview accordée à l’agence catholique
"Kathpress" à Vienne, le théologien Jozef Zverina déplore que les évêques
locaux soient totalement écartés des négociations.
"On négocie à notre sujet, a-t-il déclaré amer, mais sans nous! Le gouvernement ne considère que le Saint-Siège comme partenaire, et dans le
pays, il parle tout au plus avec les prêtres de l’organisation ’Pacem in
terris’ qu’il soutient." Relevant que le Vatican négocie actuellement la
nomination d’évêques pour repourvoir les sièges épiscopaux vacants (10 sur
13 actuellement, dont certains depuis de nombreuses années), Jozef Zverina
affirme que c’est une affaire interne de l’Eglise, que cela ne devrait pas
concerner le niveau politique, et que c’est là l’avis de tout le monde en
Tchécoslovaquie. Il relève que les catholiques de ce pays souhaitent tous
que le pape puisse nommer les évêques librement et sans influence "d’incroyants et de membres du parti".
Les négociations entre le Saint-Siège et le gouvernement de Prague durent depuis 25 ans, relève le théologien, et les fruits sont maigres :
"trois évêques à Olomouc, Banska Bystrica et Nitra, qui ont été plutôt un
défaite pour nous qu’un succès". Pour lui, les catholiques tchèques et slovaques n’ont que peu d’espoir dans la diplomatie, mais placent plutôt leur
confiance dans la base de l’Eglise qui gagne en force, surtout parmi la
jeunesse.
Le militant catholique slovaque Jan Canogursky pense que les négociations actuelles permettront certainement la nomination de nouveaux évêques,
mais n’apporteront sûrement aucune amélioration substantielle concernant la
mise en pratique de la liberté religieuse. Pour cela, ajoute-t-il, encore
faudrait-il un changement de la politique intérieure du pays, qui ne semble
pas encore être à l’ordre du jour. (apic/kpr/be)