"Pacem in terris" sous le feu de la critique
Prague, 20avril(APIC) A la veille de la visite de Jean Paul II en Tchécoslovaquie, samedi et dimanche, le journal de l’Eglise tchèque "Katolicky
Tydenik" demande des comptes à l’association sacerdotale "Pacem in terris".
Cette organisation, récemment dissoute, avait été mise sur pied par l’ancien régime communiste et utilisée comme un instrument de contrôle et de
gouvernement de la vie de l’Eglise.
Bien que les prêtres, en vertu du droit canon et d’un décret explicite
du Vatican, n’aient pas été autorisés à faire partie de cette association,
le régime a fait en sorte de placer aux postes-clés de l’Eglise tchécoslovaque des membres importants de "Pacem in terris". L’organisation a décidé
de mettre un terme à ses activités à la suite des récents bouleversements
politiques qu’a connus le pays.
"Nous ne pouvons pas garder le silence sur cette affaire et estimons
opportun que les ordinaires compétents mettent tout les dossiers qu’ils
possèdent sur l’histoire de "Pacem in terris" à la disposition d’une commission chargée de constater combien son activité fut néfaste pour l’Eglise
en Tchécoslovaquie", souligne "Katolicky Tydenik". Le journal de l’Eglise
demande donc que l’on fasse toute la lumière sur les activités passées de
l’association.
"Pacem in terris" a dans l’Eglise "causé beaucoup plus de dégâts" que le
mouvement des prêtres pour la paix, auquel elle a succédé en 1969. On doit
"condamner Pacem in terris" afin qu’une telle "faiblesse" ne se reproduise
plus dans l’Eglise. Les historiens de l’Eglise devraient "analyser l’histoire de ce mouvement et montrer les dommages que cette organisation a causés dans l’Eglise", affirme encore le journal catholique.
Une obéissance aveugle aux autorités
Selon "Katolicky Tydenik", "Pacem in terris" n’a pas seulement collaboré
avec les autorités communistes, mais "a pratiquement fonctionné comme la
seconde tête de l’Eglise". L’organisation s’est mise au service d’une politique dirigée contre l’Eglise. Il ne s’agit pas de condamer des personnes,
"Dieu seul pouvant décider au sujet du péché subjectif". Néanmoins, estime
le journal catholique, l’on ne peut imaginer qu’un prêtre - "un homme cultivé, qui a la possibilité de connaître le déroulement des événements" ait pu être membre de cette organisation jusqu’au bout sans qu’il ne se
soit rendu coupable d’une faute.
Certes, reconnaît "Katolicky Tydenik", "la peur des autorités, mais aussi le désir de travailler sans être inquiété" ont joué un rôle dans la collaboration de nombreux prêtres avec "Pacem in terris". Il en est résulté un
penchant à "obéir en tout aux autorités sans esprit critique". (apic/kpr/cor)