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    Hommage au réformateur bohémien Jan Hus

    Tchécoslovaquie : Jean Paul II rencontre le monde de la culture (220490)

    Prague, 22avril(APIC) Après la messe qu’il a présidée sur l’esplanade de

    Letna - une messe à laquelle ont participé plusieurs centaines de milliers

    de fidèles - le pape Jean Paul II s’est rendu au château du Hradcany, l’ancienne résidence royale qui domine la ville, où il a rencontré les représentants des autres Eglises chrétiennes, le président Havel en privé et les

    représentants du monde de la culture et des sciences. Au Hradcany, le pape

    a rendu hommage au réformateur bohémien Jan Hus, ancien recteur de l’Université de Prague, condamné au Concile de Constance et brûlé vif en 1415.

    Dans son adresse aux représentants des autres Eglises chrétiennes, le

    pape a demandé que l’on s’efforce de mettre un terme au scandale de la séparation des chrétiens. Jean Paul II a rappelé que l’aspiration à l’unité

    des chrétiens fait partie des grands signes de notre temps. Cet appel à

    l’unité prend toutefois une importance toute particulière ici en Bohème,

    "où est encore vif le souvenir des premiers événements qui ont été à l’origine du schisme douloureux du christianisme occidental et qui ont provoqué

    ensuite un si long cortège de souffrances".

    Il évoque alors la figure historique du réformateur Jan Hus, prêtre de

    Bohème, en faveur duquel était intervenu le cardinal Jozef Beran, archevêque de Prague lors du Concile Vatican II. Mgr Beran avait déploré "les excès auxquels on s’était laissé allé à cette époque et par la suite". "J’ai

    encore présentes à l’esprit ces paroles du cardinal archevêque de Prague au

    sujet de ce prêtre qui a eu tant d’importance dans l’histoire religieuse et

    culturelle du peuple de Bohème". "Il reviendra aux experts - en premier

    lieu aux théologiens tchèques - de définir la place qu’occupe Jan Hus parmi

    les réformateurs de l’Eglise, aux côtés d’autres figures célèbres de réformateurs médiévaux en Bohème". Jean Paul II déclare alors qu’"au-delà des

    convictions théologiques qu’il a défendues, on ne peut dénier à Jan Hus

    l’intégrité de sa vie personnelle ni ses efforts pour l’instruction et

    l’éducation morale de la nation".

    Le président Havel salue en Jean Paul II "l’homme de culture"

    Après une rencontre privée "entre quatre yeux" avec le président Havel,

    le pape a rencontré le monde de la science et de la culture. Le dramaturge

    président a accueilli Jean Paul II par une citation d’un poème de Karol

    Wojtyla, affirmant que l’histoire ne peut couler à demeure contre le courant de la conscience. "Vous aviez raison, a lancé Vaclav Havel, et avec

    vous tous ceux qui n’ont pas perdu l’espoir". Le président a encore salué

    dans la personne du pape polonais "un slave qui comprend notre langue et la

    parle lui-même, le grand fils du peuple frère polonais". Il a également relevé les mérites de Jean Paul II comme homme de culture, intellectuel,

    écrivain.

    Dans son adresse aux représentants du monde de la culture, le pape a déclaré que "l’Europe unie, ce n’est pas seulement un rêve ni un souvenir

    utopique du Moyen-Age; les événements dont nous sommes témoins montrent

    qu’un tel objectif peut être atteint concrètement". Le pape a averti que ce

    processus d’unification n’est pas d’ordre purement politique et économique,

    mais qu’il a une profonde dimension culturelle, spirituelle et morale.

    L’écroulement du communisme : les ruines de la Tour de Babel

    Se référant à l’écroulement du communisme, le Souverain Pontife a remarqué que l’on se trouve aujourd’hui "en face des ruines d’une des nombreuses

    Tours de Babel de l’histoire humaine". "L’édifice, a-t-il poursuivi, qu’on

    avait tenté de construire ces dernières années, était dépourvu de dimension

    transcendante, de profondeur spirituelle". Tout effort, a averti le pape,

    pour construire la société, la culture, ou l’unité des hommes et la fraternité sur le refus de la dimension transcendante, crée, comme à Babel, la

    division des esprits et la confusion des langues.

    Jean Paul II a alors indiqué qu’il faut rechercher aujourd’hui "une

    langue commune et une compréhension nouvelle en abattant tous les murs qui

    divisent les hommes et les nations, en mobilisant toutes les forces spirituelles et morales pour la vie du troisième millénaire". Le pape a aussi

    rappelé qu’il était "un pape polonais qui n’oublie pas que le christianisme

    est arrivé en Pologne depuis la Bohème, par la ’route slave’". Jean Paul II

    a encore déclaré que "la Tchécoslovaquie, en un sens, retourne aujourd’hui

    en Europe". (apic/kpr/jt/be)

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