Un ancien évêque "clandestin" largement ovationné
Nitra, 27mars(APIC) Le évêque de Nitra, en Slovaquie-Occidentale, Mgr Jan
Korec, est officiellement entré en fonctions dimanche. Il a été longuement
ovationné par la population pour son activité de résistance au régime communiste qui l’a fait soupçonner d’être le chef de l’"Eglise clandestine" et
l’a exposé à de multiples persécutions et pressions. Mgr Korec jouissait
d’un immense crédit auprès de la population lorsque l’exercice de son ministère lui était refusé par le gouvernement.
La cérémonie s’est déroulée en plein air sur la "Montagne du Calvaire",
un lieu historique, puisque la chapelle abrite le tombeau de saint Méthode,
qui avec saint Cyrille a été l’apôtre des Slaves. Les autorités civiles,
dont le vice-premier ministre Jan Carnogurski, étaient présentes.
Dans son homélie, Mgr Korec a comparé le système communiste à une maison
"bâtie sur le sable" et lui a opposé l’Eglise, "bâtie sur le roc". Il a accordé une grande importance à l’influence cachée de l’Eglise en Slovaquie
sous le régime communiste. Pendant que l’activité officielle de l’Eglise se
limitait au domaine culturel, les prêtres et les laïcs qui ont travaillé
dans la clandestinité ont réussi à transmettre la foi aux jeunes. De nombreux jeunes ont trouvé dans cette activité une réponse à leur faim de
nourriture intellectuelle et spirituelle. Si aujourd’hui l’Eglise catholique en Tchécoslovaquie peut s’appuyer sur eux, a souligné l’évêque, c’est
en grande partie grâce à cette "activité clandestine" auprès des jeunes.
L’Eglise "clandestine", comme le régime l’a appelée, a aussi renforcé la
volonté des croyants de ne pas tolérer la répression religieuse. La campagne pour la pétition en faveur de la liberté religieuse, qui a recueilli
600’000 signatures, et la manifestation pour la liberté religieuse qui
s’est déroulée à Bratislava le 25 mars 1988 sont fondées sur cette résistance, a ajouté l’évêque. (apic/kpr/cor)