Tchécoslovaquie: Directives de Rome concernant la (040392)
Publication cette semaine encore ?
Vienne, 4 mars(APIC) Le Vatican devrait publier cette semaine encore des
directives pour la reconnaissance des prêtres et des évêques ordonnés secrètement en Tchécoslovaquie sous le régime communiste, affirme l’hebdomadaire catholique autrichien "Die Furche" dans sa dernière édition. Ces directives préciseraient, selon Franz Gansrigler, vice-rédacteur en chef du
journal à Vienne, que tous les prêtres et évêques clandestins qui désirent
se faire reconnaître doivent s’annoncer avant le 12 avril, dimanche des rameaux, s’ils ne l’ont pas déjà fait.
Selon des fuites en provenance du secrétariat de la Conférence des évêques de la République fédérative tchèque et slovaque, les prêtres et évêques concernées doivent se faire connaître auprès de leur évêque diocésain
jusqu’au 12 avril, sous peine de n’avoir plus aucune chance d’être officialisés. Selon "Die Furche", de nombreux ecclésiastiques ordonnés secrètement
durant la période communiste auraient eu peur de sortir au grand jour, de
crainte d’une "reprise en main communiste" de la "révolution de velours"
qui a amené Vaclav Havel au pouvoir il y a deux ans.
Durant la période communiste, entre autres pour des motifs de camouflage, des hommes mariés ont été ordonnés clandestinement prêtres, notamment
selon les possibilités offertes par le "bi-ritualisme", les prêtres catholiques de rite byzantin pouvant être mariés. Il est probable que presque
aucun d’entre eux ne sera reconnu comme prêtre, mais on prévoit de les accepter comme diacres. Les envoyer en Slovaquie orientale, où vivent des
communautés gréco-catholiques, ne semble pas être une solution praticable.
L’ordinaire des catholiques de rite byzantin, Mgr Jan Hirka, évêque de Presov, s’est d’ores et déjà opposé à cette solution.
D’après ce que l’on sait, l’ordination épiscopale clandestine de Felix
Davidek, de Brno, devrait être reconnue valide, parce que la succession
apostolique est prouvée, ce qui permet de valider également les prêtres
célibataires qu’il a ordonnés secrètement. Selon "Die Furche", les difficultés subsisteraient en ce qui concerne douze évêques clandestins, dont
aucun, selon les directives mentionnées, ne pourrait être reconnu évêque.
Ces derniers pourront cependant continuer d’exercer leur fonction de curé, que certains d’entre eux exercent depuis des années. Ils doivent cependant s’engager par écrit à ne plus fonctionner à l’avenir comme évêques. Un
cas semble cependant insoluble, celui de Fridolin Zahradnik, connu comme
"l’évêque des Tziganes".
Evêque clandestin de Rychnov nad Kneznou, F. Zahradnik n’est pas considéré par la Conférence épiscopale de Tchécoslovaquie comme tout à fait sain
d’esprit; il est de plus marié et père de famille. Si l’Eglise catholique
de rite byzantin accepte les prêtres mariés, ce n’est pas le cas des évêques, qui doivent absolument être célibataires. (apic/fg/be)