Tchécoslovaquie : déjà 5.000 signataires pour (150188)
Rome 15janvier(APIC/CIP) Des milliers de catholiques de Tchécoslovaquie
ont signé une pétition pour réclamer davantage de liberté religieuse dans
leur pays. Leur initiative a reçu l’appui de l’archevêque de Prague, le
cardinal Tomasek.
La pétition comprend 31 points. Elle demande notamment davantage d’enseignement religieux, davantage de prêtres et d’évêques, ainsi qu’un terme
à la persécution des croyants. Elle a commencé à circuler en décembre dernier. Elle est partie de Moravie, donc du centre du pays. Elle s’est ensuite diffusée dans tout le pays, sans parler des répercussions qu’elle a eues
de bouche à oreille.
A l’heure actuelle, cette pétition aurait dejà reçu l’aval de quelque
5.000 signataires. Plusieurs observateurs y voient le signe de protestation
le plus direct de la part des croyants depuis l’avénement des communistes
en Tchécoslovaquie. Le 4 janvier, le cardinal Tomasek, qui a 88 ans, a
signé la pétition en lançant en même temps un appel aux fidèles pour qu’ils
adhèrent à cette initiative. "C’est un devoir précis de votre conscience,
leur a t-il dit : il faut que votre voix se fasse entendre dans les milieux
officiels." Et cet appel faisait partie d’une lettre ouverte adressée aux
catholiques, qui constituent environ la moitié des 15,5 millions de
Tchécoslovaques.
"Les 31 propositions, selon le cardinal Tomasek, soulignent comment les
problèmes entre l’Etat et l’Eglise catholique devraient être résolus." "Je
vous rappelle vivement, a encore déclaré l’archevêque de Prague dans son
appel aux catholiques, que la lâcheté et la peur ne sont pas dignes d’un
vrai chrétien." Il les a donc invités à se prononcer ouvertement pour la
liberté religieuse.
Les fidèles tchécoslovaques se plaignent souvent d’être persécutés et
les organisations pour les droits de l’homme ont signalé des dizaines de
cas de croyants emprisonnés et brimés par la police. L’Etat contrôle les
activités religieuses de façon sévère sinon rigide. Mais, selon certaines
sources catholiques, il y aurait eu, au cours des mois de novembre et
décembre, une légère amélioration de la situation.
Pour la fin janvier, on attend de nouvelles négociations entre la
Tchécoslovaquie et le Saint-Siège sur le problème de la nomination de nouveaux évêques. Depuis 1973, aucun évêque n’a été nommé. Et fin 1987, il ne
restait plus que deux évêques en place pour les quinze diocèses du pays :
treize diocèses sont donc vacants. Le Saint-Siège, pour sa part, n’accepte
pas la proposition du gouvernement tchécoslovaque de nommer des prêtres affiliés à l’Association pro-gouvernementale "Pacem in terris".
A la mi-décembre, une délégation du gouvernement tchécoslovaque s’était
rendue au Vatican pour y rencontrer une délégation du Saint-Siège, présidée
par Mgr Colasuono, nonce apostolique du pape pour les pays de l’Est. Un
mois auparavant, une délégation du Saint-Siège, qui participait aux
funérailles de Mgr Gabris, administrateur apostolique de Trnava, avait eu
des contacts avec des représentants du gouvernement de Prague. (apic/jt/be)