Une interview de Tenek Halik à l’"Avvenire"
Rome, 8janvier(APIC) Tenek Halik, un prêtre tchécolovaque de 42 ans, ordonné dans la clandestinité en 1978, actuellement secrétaire de la Conférence épiscopale tchécoslovaque, décrit dans une interview au journal catholique italien l’"Avvenire", le difficile apprentissage de la liberté de
son pays qui sort d’une longue période de dictature.
"Nous avons vécu en Tchécoslovaquie quarante-cinq années de ce que le
regretté théologien et ami Zverjna a qualifié de "Tchernobyl spirituel",
estime Tenek Halik. Ce n’est que maintenant que nous prenons conscience de
tous les dégâts profonds que le communisme a causé chez les personnes. Sous
ce régime, il n’y avait pas de liberté d’expression, de discussion. Les
problèmes refont surface, alors que nous ne sommes pas faits à la démocratie et au dialogue, comme par exemple pour la question de la nationalité
slovaque. Chacun s’en tient à son opinion de façon unilatérale et autoritaire. On ignore ce qu’est le pluralisme et une convivance civile organisée".
Comme pour renforcer son propos, le prêtre tchécoslovaque cite les paroles prononcées par le président Havel lors de la récente visite à Prague du
président américain George Bush: "Chez nous, il n’y a pas de tolérance et
de respect réciproque, les intérêts particuliers priment sur le bien commun..."
Passivité et frustration
Pour Tenek Halik, l’Eglise doit affronter la nouvelle situation avec
courage, "sans se scandaliser, mais sans céder au mécontentement du peuple". L’Eglise devra mettre l’accent sur la formation d’"une humanité créative et responsable", en vue de l’instauration d’une nouvelle société vraiment démocratique.