Taizé : suggestions des jeunes du monde entier à l’ONU (100788)
Taizé, 10juillet(APIC)" Quelles sont les possibilités concrètes que l’ONU
pourrait offrir pour aller à la rencontre de trois attentes fondamentales
des nouvelles générations que sont la paix, le partage et les droits humains ?" Cette question, des jeunes du monde entier réunis à Taizé se la
sont posée, prêts à engager leurs énergies pour ouvrir des chemins de confiance et de solidarité humaine sur la terre, pour participer à une répartition plus équitable des biens matériels entre nations riches et pauvres.
L’ONU leur apparaît comme un lieu où déjà sont entrepris des processus
de paix et de partage. Début d’un espace politique mondial, elle est un
lieu de rencontre irremplaçable pour les gouvernants de presque toutes les
nations. Les représentants de plus de 150 Etats peuvent s’y rencontrer,
même si leurs pays ont rompu leurs relations diplomatiques.
La paix
Pour les jeunes, il faut d’abord que le Conseil de Sécurité de l’ONU
soit mis en mesure de créer la paix en permanence et qu’il ait les moyens
d’être un levier efficace dans le processus de désarmement, c’est-à-dire :
que le droit de veto ne soit pas invoqué pour l’empêcher de discuter en vue
d’une prévention de conflit; que le Conseil de Sécurité puisse prendre
l’initiative de se réunir et d’intervenir quand une situation est critique
sans attendre qu’on fasse appel à lui à la dernière minute; qu’il anime la
coopération mondiale des forces militaires pour qu’elles se transforment
peu à peu en forces de police; qu’il se réunisse sur les lieux des conflits
ou à proximité de ceux-ci, stimule une réflexion sur la sécurité des
peuples et recherche des alternatives pour la garantir.
Le partage
Pour répondre à l’appel au partage qui monte de la conscience des jeunes
générations, il importe que l’ONU éveille de fortes solidarités dans la famille humaine et stimule un partage plus équitable des richesses de la terre entre nations riches et pauvres. L’objectif est que chaque personne dispose d’une demeure, d’un travail, ait de quoi s’alimenter et puisse accéder
aux soins médicaux.
Il est donc nécessaire que l’ONU soit dotée de moyens de contrôle du
commerce international; qu’elle puisse vérifier que coopération technique
et aide financière ne se fassent pas à n’importe quel prix humain; qu’elle
propose des projets d’entreprises communes ; qu’elle protège et utilise le
"patrimoine commun de l’humanité" (le Pôle Sud, les océans, l’espace,...)
en veillant à ce que ce ne soit jamais au bénéfice exclusif des pays les
plus développés. " L’ONU ne pourait-elle pas se doter d’un conseil de vigilance économique qui veillerait au respect d’un code de commerce international pour assurer que dans chaque marché les conséquences sur les plus
pauvres soient prises en compte ?" lancent les jeunes.
Les droits humains
En vue de construire ensemble la paix et le partage et de dépasser les
épreuves de la famille humaine, beaucoup de jeunes attendent que l’ONU
oeuvre à une libération intégrale de tout être humain. Par exemple,
beaucoup sont aujourd’hui plus conscients que "le sous-développement n’est
pas seulement économique, il est également culturel, politique et tout
simplement humain".
Ainsi, dans une société de plus en plus médiatisée et face aux risques
de manipulation, il est important que l’ONU fournisse une source régulière
et indépendante d’informations, par satellites par exemple; elle pourrait
transformer la Commission des Droits de l’Homme en une Cour mondiale des
Droits de l’Homme, habilitée à recevoir des plaintes et des actions en justice des individus contre les abus de confiance de leurs gouvernements; enfin elle pourrait insister auprès de ceux-ci pour qu’ils renoncent à toutes
les dépenses de prestige et obtenir la clarté des comptes personnels et la
transparence dans les discours, les programmes et les négociations.
(apic/cor)