Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Mar. 31 mars | Saint du jour | Parole de Dieu
Advertisement
  • Flash Info

    Jubilé 2025 Année Sainte à Rome: pèlerinages et événements ouverts
    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
    ✝️ En direct

    Vatican en direct

    Suivez en direct les célébrations et événements liturgiques depuis la Cité du Vatican.

    no_image
    SYRIA

    Syrie: le Père Mourad donne une vision bien différente des médias occidentaux

    Selon Mgr Jacques Mourad, archevêque syriaque catholique de Homs, à l'ouest de la Syrie, la représentation médiatique dominante, surtout en Occident, ne correspond pas à ce qu'il voit et entend sur les nouvelles souffrances du pays. Il répond à l’Agence Fides, posant un regard beaucoup plus nuancé sur la situation.

    Les récits médiatiques occidentaux évoquent un «changement de régime», un changement de régime réussi et qui s'installe, avec de nouveaux dirigeants islamistes en quête d'accréditation internationale, après l'effondrement du bloc de pouvoir agrégé depuis plus de 50 ans autour du clan Assad.

    Violence et peur généralisées

    Il n'est pas fait mention de la violence et de la peur généralisées qui ont à nouveau marqué les journées d'une grande partie du peuple syrien. Une violence, explique Jacques Mourad à l'agence Fides, qui «semble être un piège dans lequel tombent tous ceux qui accèdent au pouvoir ici».

    Le-Père-Jacques-Mourad-vit-aujourdhui-dans-la-communauté-de-Deir-Maryam-el-Adhra-à-Souleymanieh-au-Kurdistan-irakien-Photo-Jacques-Berset
    Le-Père-Jacques-Mourad-vit-aujourdhui-dans-la-communauté-de-Deir-Maryam-el-Adhra-à-Souleymanieh-au-Kurdistan-irakien-Photo-Jacques-Berset
    Le Père Jacques, ici en décembre 2024, Mourad témoigne du désespoir des Syriens | © Jacques Berset

    Ces dernières semaines, explique Mgr Mourad, des personnes disparaissent, les prisons se remplissent, «et là on ne sait plus qui est encore en vie ou qui est mort». Des tortures sont infligées en public à ceux qui sont accusés de connivence avec le régime qui s'est effondré. Et aussi «plusieurs cas de jeunes chrétiens menacés et torturés dans la rue, devant tout le monde, pour semer la terreur et les forcer à abjurer leur foi et à devenir musulmans». Des crimes qui se déroulent loin de Damas, où se concentrent les journalistes.

    Le temps de la vengeance

    Les choses ne vont pas bien, et le Père Mourad a l'impression que «personne ne peut rien faire» pour sortir de ce nouveau temps de peur et de vengeance. «J'accueille les gens. J'essaie d'encourager, de consoler, de demander de la patience, de chercher des solutions. Pendant la période de Noël, ajoute-t-il, j'ai fait le tour de nos douze paroisses, y compris celles des villages. Pour encourager, pour garder l'espérance ensemble. Il y a eu de belles rencontres avec différents groupes. Mais lorsque la violence augmente, nos paroles et nos appels à la patience ne parviennent pas à les convaincre».

    Dans les églises, depuis la chute du régime Assad, tout semble continuer comme avant: messes, processions, prières et œuvres de charité. Les nouveaux détenteurs du pouvoir n'ont pas imposé de règles coercitives affectant de quelque manière que ce soit la vie ordinaire des églises.

    Pas de gouvernement unifié

    Le leader reconnu Ahmad Sharaa, également connu sous le nom d'Abu Muhammad Jolani, chef du groupe armé djihadiste Hayat tahrir al Sham et président autoproclamé ad intérim de la Syrie le 29 janvier, rencontrant le Père Ibrahim Faltas et les Franciscains fin 2024, a eu des mots d'estime pour le pape François, ajoutant que les chrétiens expatriés pendant et après la guerre civile doivent retourner en Syrie.

    Les violences subies par les jeunes chrétiens ont pris la forme d'attaques contre des personnes. Mais, rapporte le Père Jacques Mourad, lorsque la réquisition des armes a commencé, ce sont les soldats chrétiens et alaouites qui ont été désarmés. Personne n'a retiré les armes aux sunnites. «En réalité, ajoute-t-il, il n'y a pas de gouvernement. Il y a des groupes armés, différents les uns des autres. Certains sont fanatiques, d'autres non. Chacun a son pouvoir et impose sa loi dans les territoires qu'il contrôle. Et ils ont beaucoup d'armes, maintenant qu'ils ont aussi pris celles de l'ancien régime». Comme d'autres évêques, il a lui aussi rencontré des représentants des nouvelles forces qui dominent le terrain. Des discours rassurants, mais les choses ne changent pas.

    Repartir de l’essentiel avec les enfants

    «Nous continuons notre vie en tant que paroisses et en tant que diocèse, jour après jour», dit-il. Depuis avril dernier, l'archevêque est devenu responsable du catéchisme pour toute la Syrie. Déjà à l'époque, la situation était grave: pas de travail, une société et des communautés chrétiennes encore déchirées par les conséquences de la guerre. «J'ai pensé que la chose à faire, la chose la plus importante, était de repartir avec les enfants. On ne peut recommencer qu'à partir des enfants et des jeunes, après que la guerre a en quelque sorte tout balayé. Et, avec eux, repartir de l'essentiel, des choses primordiales».

    Les comités régionaux ont été reconstitués pour travailler ensemble à la formation des catéchistes, car «beaucoup de ceux qui avaient de l'expérience étaient partis. Maintenant, il y a des jeunes, qui ont de l'enthousiasme, mais qui doivent encore faire un parcours spirituel et une formation catéchétique et biblique».

    Des forces se sont unies: les diocèses, les jésuites, la Société biblique, «pour commencer à marcher ensemble. Nous remercions le Seigneur, car tant de jeunes font preuve d'un tel désir, d'un tel courage et d'une telle générosité». Il en va de même pour les liturgies et la reprise des pèlerinages, à Mar Musa et dans tous les autres monastères, «pour faire refleurir la mémoire, dans cette situation de pauvreté et de souffrance qui reste très grave. Et pour voir si quelque chose renaît, comme une nouvelle pousse». (cath.ch/fides/bh)

    Actualités liées

    Actualités les plus lues