Rome, 13octobre(APIC/CIP) 14 pères synodaux ont pris la parole lundi
après-midi, à la 16ème Congrégation générale du Synode des éveques. Trois
types d’interventions : des déclarations de principe, des considérations
sur des situations particulières, des communications sur la condition des
laics dans les Eglises locales.
"Dieu est famille", a lancé un éveque du Burkina Fasso, Mgr Kyedrebeogo,
suggérant que le Synode approfondisse donc le Mystère de la vie trinitaire,
"source de l’etre et du devenir chrétien". Il est également nécessaire, at-il dit, de clarifier le statut des ministères, en tenant compte du fait
que l’utilisation indistincte des termes ’ministère’, ’ministériel’, ’ministère non ordonné’, est inadéquate d’un point de vue théologique.
"L’Eglise est communion et suppose la communion avec la trinité de la part
des membres du peuple de Dieu et ouverture du monde. Mais il ne faut pas
perdre de vue avant tout le dessein de Dieu pour l’homme, plutot que de se
fixer sur ce que les hommes peuvent et doivent faire", a déclaré l’éveque.
Plusieurs intervenants ont parlé du role de la famille, en invitant à ne
pas s’arreter à des considérations abstraites, mais à à aller jusqu’au concret pour lever les obstacles qui empechent la mise en oeuvre de meilleures
résolutions.
La question de la jeunesse
Autre question : celle de la jeunesse, soulevée par Mgr Situmorang, éveque de Padang (Indonésie). "On a fait beaucoup pour les jeunes, a-t-il dit,
mais souvent sans eux. Il faut donc là aussi etre concret, tenir compte des
situations et organiser des programmes et institutions au niveau de l’Eglise universelle aussi, et non seulement aux niveaux interdiocésain, diocésain et paroissial", a-t-il souligné.
Un éveque indien a souligné la nécessité de promouvoir et de soutenir la
non-violence dans les rapports sociaux.
En Thailande, ou les chrétiens éprouvent de grandes difficultés, noyés
en milieu bouddhiste, a constaté Mgr Khai Saen-Phon-On. Les fidèles n’en
ont pas moins la force de confesser ouvertement leur foi. Les vocations sacerdotales et religieuses sont abondantes.
Les chrétiens en milieu marxiste
Au Bénin, a déclaré Mgr Sastre, éveque de Lokossa, les chrétiens doivent
affronter le marxisme que l’on a voulu imposer à toute la nation, mais sont
décidés à vivre en chrétiens et en Africains. A ce titre, ils comptent
beaucoup sur l’aide de leurs frères d’Occident.
En Yougoslavie également, a indiqué Mgr Franjo Komarica, les catholiques
doivent subir l’influence de l’idéologie marxiste, celle aussi du matérialisme de consommation. Dans les Eglises locales, les organisations de laics
font souvent défaut, ce qui, selon l’éveque, n’est pas un grand obstacle,
cet état de fait obligeant les chrétiens à se prendre en charge et à témoigner de leur foi. la présence orthodoxe et musulmane les invite aussi à
un dialogue oecuménique que l’éveque juge fructueux.
Les chrétiens en pays musulman
les laics de l’Eglise chaldéenne, très minoritaire dans un pays musulman, démontrent, a expliqué à son tour Mgr Semaan Issayi (Téhéran), un réel
attachement à la hiérarchie et à la communion entre eux, ainsi qu’un grand
souci de transmettre la foi à leurs enfants. Au Burundi, a déclaré Mgr
Ngoyagoye, éveque de Bubanza, l’Eglise a éprouvé ces dernières années de
grandes difficultés, qui ont eu pour effet de faire murir la foi des
chrétiens. beaucoup d’oeuvres ont été interdites ou nationalisées, mais
l’essentiel de la vie en Eglise a été sauvegardé et meme approfondi.
En Malaisie, l’enseignement du Concile a été bien reçu, en dépit de
quelques résistances. Les laics sont présents dans les conseils pastoraux
et assument leurs responsabilités dans la communauté chrétienne, aux plans
spirituel, éducatif et économique.
Mgr Lambert, éveque de Port-Vila (Vanuatu), a enfin relevé que dans les
Iles du Pacifique la religion apportee par les missionnaires est très
appréciée mais a besoin d’etre approfondie, surtout par les adultes, qui
n’ont pas eu les memes opportunités que les jeunes d’aujourd’hui.
(apic/cip/cor)