Rome, 8octobre(APIC) Après l’intervention hier soir de sept laics auditeurs les pères synodaux ont repris ce matin leur exposé à partir de 9H.
C’est le cardinal Lorscheider, archeveque de Fortaleza, au Brésil, qui a
pris le premier la parole, centrant son propos sur les mouvements ecclésiaux, "d’une grande importance dans l’Eglise, mais à perfectionner". Il a
rappelé à cette occasion la nécessité de leur insertion dans la pastorale
d’ensemble des Eglises locales, l’obéissance et la communion avec l’éveque
et avec le successeur de Pierre. Une idée reprise par Mgr Pareli, éveque de
Montevideo, en Uruguay.
Mgr Schmitz s’est fait le porte-parole des éveques du Nicaragua, unanimes sur la nécessité d’évangéliser le champ politique, mais sans tomber
dans le piège d’une politisation de l’Evangile. Mgr Armand Gianni, un éveque centrafricain, fait écho à cette idée en prenant un engagement politique chrétien plus prononcé dans son pays afin de lutter pour la justice.
"La Conférence épiscopale centrafricaine, a-t-il précisé, cherche également
à orienter l’impact du laicat chrétien dans le domaine culturel, dans un
engagement pour un renouveau du mariage, de la vie familiale et de la
dignité de la femme". Dans cette ligne, il convient de relever l’intervention de Mgr Romélus, éveque de Jérémie, en Haiti : "Nos laics ne sont pas
inactifs, ils veulent que les éveques soient toujours avec eux dans la lutte. Aussi, en dépit des étiquettes qu’on leur colle, les communautés ecclésiales de base, les comités "Justice et Paix" et les groupes Caritas continuent à se rencontrer et à travailler, ils n’entendent nullement démissionner, ils mettent leur foi en Dieu pour que tout se fasse sans violence".
Mgr Raobelina, éveque à Madagascar, reconnait comme l’une des priorités
de l’Eglise dans son pays le soutien spirituel aux intellectuels et décideurs politiques : nécessité de les éveiller au sens du bien commun et de
la justice. Mgr Selvanayagam, de la Malaisie, a parlé dans cette ligne.
Importance de la pauvreté et de la formation des laics chrétiens
De nombreux pères synodaux ont demandé une identification toujours plus
profonde de l’Eglise avec un Christ pauvre et avec les pauvres. L’intervention la plus forte sur ce thème fut celle de Mgr Pinto da Silva, du Brésil.
Mgr Foley, président de la Commission pontificale pour les communications
sociales , a insisté pour que le laic catholique soit formé à devenir
toujours plus un consommateur intelligent des médias dans une société
moderne ou les films, la télévision, la radio et la presse ont un si grand
impact et une si forte influence. "Il faut que certains laics chrétiens se
sentent motivés à choisir des carrières dans ce secteur, qu’ils se
préparent professionnellement et spirituellement pour etre des défenseurs
des principes moraux et maintenir un standard professionnel de haut
niveau".
Le patriarche catholique arménien Kasparian Jean Pierre XVIII est
intervenu ainsi : "Ce qui importe, c’est d’établir des normes bien précises
par un équilibre ecclésial entre ce qui fait la spécificité du pretre et la
mission propre du laicat. Il faudra éviter une certaine déstructuration de
l’Eglise, comme un cléricalisation des laics les plus actifs. Ce qu’il faut
surtout, c’est un changement de mentalité, une conversion : ni exercice
totalitaire de l’autorité ecclésiale, ni attitude revendicative de la part
de simples fidèles, mais recherche ensemble du bien de l’Eglise pour le
Salut du monde. (apic/bdc/cor)