Rome, 5octobre(APIC/CIP) Des 19 interventions faites lundi au Synode sur
la vocation et le role des laics dans l’Eglise et dans le monde, deux
thèmes se sont dégagés, à savoir la condition essentielle des laics dans
l’Eglise et le processus d’insertion de la femme.
Ainsi, l’éveque auxiliaire de Sydney, en Australie, Mgr Geoffrey James
Robinson a rappelé que le droit canon parle des laics en employant l’expression ’’fidèles du Christ’’, souhaitant que l’on se réfère à cette expression plutot que de parler de laics, un mot qui ne lui parait pas idéal.
Réaffirmant l’existence des ministères laics dans l’Eglise, il a précisé
que ceux-ci devaient reconnaitre la hiérarchie comme un service, mais qu’à
son tour la hiérarchie devait reconnaitre que l’autorité est un service et
non un pouvoir.
Pour l’archeveque de Sydney, Mgr Edward B. Clancy, deux groupes
devraient retenir davantage l’attention : les jeunes et les femmes.
L’Eglise, a-t-il dit, a besoin de leur apport spécifique. Observant que les
laics sont très efficaces dans leur service au monde, il a demandé aussi
que la mission du laic s’accompagne d’une catéchèse adéquate. Parfois,
l’impatience du laic à s’engager dans l’Eglise le pousse à prendre des
initiatives, ce qui est louable, à condition toutefois, a-t-il ajouté, que
celles-ci soient prises communion avec l’Eglise et avec la hiérarchie.
Deux pères synodaux latino-américains ont insisté sur l’engagement politique et social des laics. Ainsi, Mgr Cardoso (Vénézuela) a souligné que la
mission des laics dépend des circonstances du monde dans lequel il est
inséré (dans son pays, le monde est avant tout celui des pauvres). Il a signalé l’excellent travail réalisé au sein des communautés de base et souhaité, au plan de la doctrine, une christologie plus solide permettant
d’éviter le cléricalisme.
Quant à l’archeveque de Managua, au Nicaragua, le cardinal Miguel Obando
y Bravo, il a fait une intervention sur le thème ’’l’apostolat et la
responsabilité des laics’’. Apostolat et responsabilité, a-t-il dit, ont un
aspect divin qui vient du Christ et un aspect ecclésiastique qui vient de
l’Eglise. En tant que membres vivants du peuple de Dieu, a-t-il dit, les
laics ont un objectif commun, mais c’est surtout dans le monde (notamment
les mondes politique et social) qu’il trouve son champ d’action : ce sont
les grands besoins du pays qui ont la priorité et non les querelles partisanes.
Pour l’éveque de Liverpool, Mgr Derek Worlock, comme pour un éveque du
Japon, Mgr Shimamoto, c’est l’aspect séculier qui définit la responsabilité
propre du laic. Comment construire l’enseignement de l’Eglise en évitant la
dichotomie entre foi et vie pratique ? C’est la question posée cette fois
par l’archeveque de Chicago, le cardinal Bernardin, qui a insisté sur la
nécessité de montrer comment il convient d’adapter l’enseignement de
l’Eglise aux réalités contemporaines et comment faire passer l’enseignement
moral de façon plus persuasive.
Un éveque d’origine valaisanne parle de la femme africaine
Mgr Henry Ernest Karlen, missionnaire de Marianhill, originaire de Toerbel, en Valais, et éveque de Bulawayo au Zimbabwe, a centré son intervention sur le sacerdoce commun dans le contexte des petites communautés locales, affirmant que le sacerdoce des fidèles et le sacerdoce des pretres ne
sont pas en concurrence, mais complémentaires. L’apostolat n’est pas un
choix, a-t-il ajouté, mais un droit et un devoir. Il a réclamé une attention particulière pour les femmes. "La femme africaine, a-t-il affirmé,
possède la clé du changement de la société."
Plusieurs pères synodaux sont encore intervenus sur le role de la femme
dans l’Eglise. Parmi eux, Mgr Weakland (USA), qui a notamment relevé les
sentiments à la fois d’amour et de frustration qu’éprouvent beaucoup de
femmes désirant s’engager dans l’Eglise. Les femmes n’attendent pas de
réponses toutes faites de la part de l’Eglise, a-t-il souligné, mais elles
entendent participer à l’élaboration des solutions a proposer. Mgr Weakland
a aussi rappelé que le fait de n’avoir pas accès à l’ordination ne met pas
la femme dans une situation d’infériorité.
"Ne pas reconnaitre la dignité de la femme, c’est ne pas reconnaitre la
dignité de tous les laics", a déclaré de son coté Mgr Ramirez (Colombie).
Il faut combattre la discrimination, a-t-il dit, et promouvoir une plus
grande communion, car la mission de la femme dans l’Eglise est une conséquence de la vocation de tout baptisé.
C’est encore de la condition des femmes dans l’Eglise qu’a parlé un éveque norvégien, soulignant que les femmes ont acquis une place beaucoup plus
prépondérante au plan civil que dans l’Eglise. Lui aussi a relevé le sentiment de frustration des femmes, qui peut entrainer une crise de confiance.
Il a fait état de manifestations dans son pays contre une théologie trop
masculine. "Beaucoup de femmes abandonnent, decouragées, les postes qu’elles occupaient dans l’Eglise", a-t-il dit. Il a signalé que des femmes
avaient une part de décision à la Congrégation pour les religieux et les
instituts séculiers et dit son souhait que ce processus se poursuive.
(apic/bdc/be)