Synode: les difficutés de l’Eglise en Roumanie (051090)
Rome, 5octobre(APIC) Le Synode sur "La formation des prêtres dans les
circonstances actuelles" qui se déroule actuellement à Rome a poursuivi
vendredi ses travaux, avec plusieurs interventions, dont celle remarquée de
l’évêque de Jassi (Roumanie), Mgr Petru Gherghel, qui s’est exprimé au nom
des évêques de rite latin et oriental. Mgr Gherghel a attiré l’attention
sur les difficultés rencontrées par l’Eglise en Roumanie.
Evoquant la répression exercée dans le passé contre l’Eglise uniate, Mgr
Gherghel a expliqué comment cette dernière a été obligée de former ses prêtres dans la clandestinité la plus absolue. Deux séminaires de l’Eglise
catholique de rite latin furent par la suite vite réouverts, mais, a relevé
l’évêque de Jassi, "on a appliqué encore longtemps après le Concile Vatican
II la scholastique et les normes préconciliaires".
Mgr Gherghel a encore observé ne pas avoir connu de crise des vocations,
et que le nombre de candidats avait toujours été plus élevé que la limite
imposée par le régime roumain. Aujourd’hui, a-t-il poursuivi, l’Eglise connaît des difficultés d’ordre économique qui se répercutent sur les séminaires. L’évêque roumain a enfin fait remarquer que l’Eglise uniate, bien que
déclarée libre, n’a pas encore obtenu les églises et les séminaires qui lui
appartenaient en 1948. Ainsi, elle n’a pas de lieux pour célébrer la messe
et préparer ses prêtres.
Témoignages d’auditeurs
Au cours de la session de jeudi soir, sept auditeurs et auditrices qui
participent au Synode ont apporté leurs témoignages. Les Pères synodaux ont
notamment écouté celui d’un couple français, Anne et Jacques Gagey, un couple de professeurs de psychopathologie à l’université, parents de neuf enfants dont deux sont devenus prêtres.
Evoquant leur expérience d’être père et mère de deux prêtres, Anne et
Jacques Gagey, ont relevé que les critiques faites aujourd’hui contre le
célibat ecclésiastique au nom de la psychanalyse n’ont pas de fondement sérieux.
Autre témoignage, celui de Don Bojan Ravbar, un curé du diocèse de Koper
(Yougoslavie). Ce dernier a parlé de la paroisse comme d’un terrain fertile
où naissent et mûrissent les vocations. Il a entre autres signalé des formes de vie commune dans certaines paroisses qui deviennent "un vrai préséminaire", en citant notamment l’exemple d’un prêtre brésilien qui a accueilli dans sa maison des jeunes désirant devenir prêtres mais n’ayant pas
encore terminé leur formation.
Timothy J. Costello, professeur de théologie à l’Université pontificale
Saint-Thomas d’Aquin aux Etats-Unis, a observé pour sa part qu’au cours des
trente dernières années il y a eu "une application abusive d’idées et de
méthodes psychologiques dans la formation religieuse, parfois avec des résultats désastreux".
Le président du "Serra club international" (Italie), Giulano Rizzero est
également intervenu jeudi soir. Le Serra international est une association
de laïcs fondée en 1934 aux Etats-Unis et qui compte actuellement 572 clubs
ou "unités opératives locales" dans 31 pays. 50% des clubs se trouvent aux
Etats-Unis. Le but de cette organisation est de favoriser et de soutenir
les vocations sacerdotales.
Giuliano Rizzero a entre autres remarqué qu’une pastorale vocationnelle
efficace doit nécessairement utiliser les moyens de communication. Et de
citer l’exemple de l’emploi de vidéocassettes, utilisées à Santiago du Chili par la télévision locale; la mise sur pied de tables rondes et la réalisation de spots produit en collaboration par le Serra club local et le Centre diocésain des vocations. (apic/jt/pr)