Rome, 17octobre(APIC) "J’ai le sentiment que la plupart des évêques qui
vont jusqu’à envisager la possibilité de remettre en question le lien entre
sacerdoce et célibat et d’ordonner des hommes mariés de vertu confirmée hésitent très fort à le proposer. Ils se demandent s’il s’agit là d’une tentation ou d’une solution": c’est ce qu’a déclaré le cardinal Godfried Danneels, archevêque de Malines-Bruxelles, dans une interview accordée à
l’agence belge CIP à l’issue de la première phase du Synode des évêques dite "d’écoute" consacrée aux interventions des Pères synodaux.
Les évêques qui émettent une telle proposition sont en tout cas animés
d’excellentes intentions, car le manque de prêtres dans certains pays où
les communautés chrétiennes sont particulièrement nombreuses fait problème,
ajoute le cardinal. Pourtant, les interventions posant la question du lien
entre sacerdoce et célibat ont été peu nombreuses. Pratiquement tous les
évêques qui ont soulevé la question du célibat ont par contre mis l’accent
sur la nécessité d’une préparation adéquate à cet état de vie, notamment
aux conditions psychologiques et spirituelles requises. "Ceci est tout de
même un peu nouveau, car certains avaient pensé avant le Synode qu’on allait poser la question de fond de délier le célibat du sacerdoce et de le
rendre facultatif", commente l’archevêque de Malines-Bruxelles.
Peu de choses vraiment nouvelles ont été entendues au cours de cette
première quinzaine, hormis le fait, aux yeux du cardinal, que les Eglises
de l’Est ont pu s’exprimer, et que "les Eglises du silence ne sont plus silencieuses: c’était très intéressant, et à certains moments émouvant d’entendre comment ils ont pu tenir durant quarante ans dans des conditions
très difficiles".
Un nouveau consensus
Le cardinal observe aussi qu’il a beaucoup été question, durant cette
première phase, de l’identité du prêtre. "On n’a pourtant reçu que très peu
d’écho de la contestation des années 70 et du début des années 80 à propos
de l’identité du prêtre. J’ai l’impression que cette période de doute fondamental sur les éléments qui constituent le prêtre en tant que prêtre
s’est quelque peu estompé et qu’un nouveau consensus est en train de se manifester".
Une grande insistance du Synode porte sur la nécessité de "former des
formateurs", explique le cardinal Danneels. "On a ainsi beaucoup parlé
d’une sorte d’institut ou d’écoles que l’on créerait dans différents endroits du monde, entre autres à Rome, mais également ailleurs, afin de former ces formateurs. En effet, beaucoup de ceux qui travaillent dans les séminaires n’ont pas reçu de formation spécifique, par exemple pour aborder
le difficile problème du discernement des vocations, avec tous les aspects
spirituels et psychologiques qu’il implique".
De même, constate le cardinal belge, beaucoup de Pères synodaux ont déploré que les différentes dimensions de la formation - humaine, spirituelle, psychologique, affective, théologique, culturelle, pastorale,... - ne
soient pas suffisamment intégrés.
Le modèle de formation actuel dans le cadre du séminaire n’a pas été
contesté, souligne en conclusion l’archevêque de Malines-Bruxelles. Mais
beaucoup d’évêques préconisent comme lui l’introduction d’une année propédeutique: "On se rend compte que la formation acquise avant l’entrée au séminaire - au collège dans l’enseignement secondaire - n’apporte probablement pas, sur le christianisme et sur la foi, des connaissances suffisantes
pour pouvoir entamer directement des études de philosophie et de théologie". (apic/cip/jt/pr)