Rome, 12octobre(APIC/CIP) La première phase des travaux du Synode, celle
des interventions en Assemblée plénière, est presque terminée. 189 pères
synodaux ont pris la parole jusqu’ici, dont 19 lundi matin, lors de la
16ème Assemblée plénière. Les dernières interventions ont été prononcées ce
lundi après-midi. La séance de ce mardi matin sera réservée aux laics. Mardi soir, le rapporteur général du Synode, le cardinal Thiandoum, présentera
une synthèse de toutes les interventions. La seconde phase des travaux
s’ouvrira mercredi matin avec le travail en groupes linguistiques, les
’’circuli minores’’.
le laic : un non-pretre ?
Le président de la Commission pontificale pour l’interprétation authentique du code de droit canon, Mgr Castillo Lara, est intervenu lundi matin
pour demander que soit mieux précisé ce qui fait la différence entre les
laics et les autres catégories du Peuple de Dieu. Cette différence, dit-il,
ne tient pas à la sécularité, celle-ci n’étant pas l’exclusivité des laics,
vu qu’elle est aussi la condition des diacres permanents, ce n’est pas non
plus la mission spécifique des laics dans le domaine temporel, puisque la
sanctification de celui-ci n’est pas leur apanage. ’’Il est donc évident,
en conclut Mgr Castillo Lara, que ce qui fait la différence est de ne pas
avoir reçu le sacrement de l’ordre.’’
Le cardinal Castillo Lara a également abordé le thème de la participation des laics à la mission de l’Eglise, affirmant qu’au plan législatif
l’Eglise garantit au laicat tout un éventail de fonctions : administration
du bapteme, distribution de l’Eucharistie, assistance au mariage. Des taches qui peuvent etre accomplies également par les femmes, ajoute l’intervenant, pour qui ’’il n’y a donc pas lieu de parler de discrimination’’.
Toujours à propos d’une definition plus adéquate du laic, l’éveque de
Lugano (Suisse), Mgr Corecco, qui est consulteur de la commission présidée
par le cardinal Castillo Lara, souhaite de son cote que le Synode précise
la nature théologique du caractère séculier du laicat, non pas en termes
négatifs, en se contentant de définir le laic comme celui qui n’a pas reçu
l’ordre, mais en termes positifs. ’’Les pasteurs, dit-il, ont le droit et
le devoir de vérifier l’authenticité du charisme des laics, mais aussi et
surtout de ne pas l’étouffer, car les fidèles qui possèdent un charisme ont
le droit de l’exercer.’’
Mgr Papamanolis, éveque de Syros-Milo et de Santorin (Grece), demande
lui aussi qu’il n’y ait plus conflit entre le role de discernement des pasteurs et la voix de l’esprit qui appelle les laics a témoigner de leur foi.
’’La prudence est l’une des vertus des pasteurs de l’Eglise, déclare-t-il,
mais nous sommes parfois trop prudents, au risque de freiner les initiatives et d’appauvrir l’Eglise en vitalité et en fraicheur.’’
des requetes specifiques
Plusieurs intervenants ont présenté des requetes spécifiques. Ainsi, Mgr
Cabrera (Salvador) demande une condamnation vigoureuse de la haine, de la
violence et de la lutte des classes. Il souhaite qu’un appel au dialogue et
à la réconciliation soit adressé aux peuples et aux nations en guerre.
Le représentant du Sri Lanka demande quant à lui des prières pour la
paix, la fraternité et la solidarité, un éveque du Pérou suggère au Synode
de tracer un profil du chrétien en vue de l’élaboration d’un projet d’éducation catholique de la jeunesse, Mgr Kim, archeveque de Séoul (Corée), met
l’accent sur la responsabilité de la famille dans l’éclosion des vocations
sacerdotales et religieuses. Le recul des naissances est l’une des causes
de la diminution des vocations, dit-il, et le Synode devrait féliciter et
encourager les mères chrétiennes qui mettent au monde beaucoup d’enfants.
Pour un éveque de l’Equateur, il faut sensibiliser toutes les communautes chrétiennes à l’évangelisation. Le monde compte aujourd’hui 5 milliards
d’humains, et il est impensable que l’Eglise puisse mener à bien sa tache
d’évangelisation avec un nombre restreint de pretres et de religieux.
Deux éveques brésiliens ont centré leurs déclarations sur l’importance
des mouvements d’Eglise, à condition qu’ils soient authentiques et en mesure d’assurer la formation de ceux qui exercent une responsabilité dans la
société.
afrique : face a l’intolérance
Parmi les éveques africains qui ont pris la parole lundi matin, Mgr
Sarr, éveque de Kaolack (Sénégal), demande au Synode des paroles claires et
encourageantes pour promouvoir l’engagemement temporel des laics et la formation adéquate qu’il nécessite. Il évoque la situation au Sénégal, vécue
dans d’autres pays, ou une minorite de non-chrétiens ou de non-croyants impose, a travers le pouvoir politique, leur vision des choses à toute la nation. De telles situations doivent interpeller les pasteurs, dit-il, afin
qu’ils attirent l’attention des chrétiens sur tout ce qui a trait à la politique et à la gestion des affaires publiques, pour les aider à en mesurer
l’influence déterminante sur la vie des personnes, des familles et des communautés, tant civiles que religieuses.
Mgr Itoua, éveque de Ouesso (Congo), centre son intervention sur la
pauvreté et l’injustice, soulignant que les laics congolais fournissent une
contribution remarquable au sein de l’Eglise, mais très timide dans le domaine social. Quelques difficultés sont imputables aux problèmes qu’éprouve
le pays à s’affirmer et à son sous-développement, dit-il, et l’une des solutions au problème de la pauvreté pourrait résider dans une réflexion courageuse, approfondie, permanente et diversifiée, proposant des pistes concrètes et des controles réguliers au niveau de la réalisation. Pour cette
raison, le Magistère de l’Eglise doit veiller à ce que les textes qu’il
produit, aux plans universel et local, soient rédigés avec l’aide de laics,
puisque ce sont eux qui ont à les appliquer dans le cadre de leurs engagements au sein de la société.
Enfin, l’archeveque de Khartoum (Soudan), Mgr Wako, a indiqué que depuis
l’indépendance de son pays, l’Eglise n’a plus connu la paix. Il a évoqué
les nombreux laics morts en martyrs à cause de leur fidélité à la foi. Mgr
Wako a par ailleurs critiqué durement la manière agressive dont est propagé
l’Islam : ’’la force, la tromperie, l’injustice’’. (apic/cip/cor)