Rome, 6octobre(APIC/CIP) Au sixième jour du Synode des éveques sur la vocation et la mission des laics dans l’Eglise et dans le monde qui se déroule jusqu’à la fin du mois à Rome, Mgr Gabriel Bullet, délégué de la Conférence des éveques suisses au Synode, dans une interview à l’agence APIC,
a expliqué la nécessité de dépasser dans l’Eglise les notions de consultatif et de délibératif, et de trouver un nouveau langage dans l’Eglise.
"Il me semble qu’au niveau de l’Eglise, - qui n’est pas une démocratie
ni non plus une monarchie - il faut chercher le consensus, comme du reste
le pape Paul VI le souhaitait au Concile...que l’on arrive à un consensus
et non pas au triomphe d’une majorité sur une minorité", a-t-il déclaré.
"Il me semble que lorsqu’il y a une forte minorité, on doit se dire que la
question n’est pas encore mure et qu’il faut la reprendre et l’approfondir". Et de poursuivre : "Je pense que l’Eglise - qui n’est ni une démocratie ni une monarchie - est une communion, et de ce principe de communion,
j’en déduis que la participation des laics aux décisions doit se faire sur
le mode d’un consensus".
Mgr Bullet, qui pense que ce Synode ne va pas prendre de décisions extraordinaires, estime essentiel cet échange au niveau de l’épiscopat mondial en présence du pape. Ce brassage d’idées est pour lui le point essentiel d’un Synode. Mais il admet qu’il y a un réel problème de méthode de
travail. Certains éveques ont d’ailleurs posé la question du rythme de travail : est-ce qu’un Synode tous les trois ans, ce n’est pas trop. On a à
peine commencé à mettre en oeuvre un Synode qu’il faut déjà préparer le
suivant. Peut-etre faudrait-il trouver d’autres formes de travail, pense-til, tout en reconnaissant que ce n’est pas simple de trouver des alternatives.
Mgr Bullet souligne également que le langage adopté par les documents de
préparation du Synode (les lineamenta) a fait problème en Suisse : bien des
laics ont renoncé à répondre parce qu’ils n’arrivaient pas à entrer dans le
langage de ce texte. Mais concernant l’instrument de travail (instrumentum
laboris), - destiné aux éveques - le problème est tout de meme différent.
Mais, conclut-il, "reste qu’il y a un réel problème du langage dans l’Eglise - que ce soit l’Eglise universelle ou les Eglises locales - et que très
souvent nous avons un langage un peu hermétique pour l’ensemble des fidèles
et que nous aurions je pense un effort à faire dans ce sens, pour trouver
un langage qui soit plus accessible, plus pédagogique. Certainement que
c’est l’un des problèmes de l’Eglise aujourd’hui". (apic/bdc/be)