Rome, 7octobre(APIC/CIP) Treize pères synodaux ont pris la parole lors de
la 8ème Congrégation générale, dans l’après-midi du 6 octobre. L’une des
constantes de leurs interventions a été l’insistance sur la nécessité de ne
pas séparer l’engagement des laics dans le monde de celui du clergé. Beaucoup ont aussi mis l’accent sur, d’une part, la contribution historique apportée par les associations de laics à l’évangélisation et au témoignage de
la foi, d’autre part, sur la nécessité d’une formation théologique complète
des laics, afin qu’ils soient mieux à meme d’affronter leur vie de
chrétiens, et ce dans les domaines religieux, social, politique, culturel
et économique.
Les intervenants ont également mis en relief certains aspects particuliers pouvant se révéler exemplaires. Ainsi, l’éveque de Kottayam (Inde), a
rappelé la riche tradition de son église de rite syro-malabar, la collaboration entre le clergé et les laics dans la liturgie et le role assumé depuis longtemps par les femmes en qualité de diaconesses, role que Mgr Kunnasserry juge opportun de mettre en valeur aujourd’hui dans l’Eglise.
L’éveque d’Oruro (Bolivie) a parlé de son coté de l’importance des
communautés de base dans le contexte social de son pays, afin de favoriser
une conscience chrétienne face à l’exploitation humaine, la pauvreté et
l’injustice, ainsi qu’une formation permanente dans la foi.
Le Supérieur général des frères maristes a rappelé la reconnaissance par
le Vatican du statut des religieux laics, qui pourrait servir d’exemple
pour tous les laics, et a dit espérer une reconnaissance par le Synode de
deux ministères particuliers, ceux de l’éducation et du soin des malades,
auxquels on pourrait ajouter également celui de la catéchèse.
L’archeveque de San José de Costa Rica, Mgr Arrieta Villalobos, a
souligné que les laics attendent du Synode une parole qui les éclaire et
les encourage à affronter deux grands défis de notre temps, ceux du sida et
de la drogue. Concernant la lutte contre le sida, il a parlé d’un vaccin et
d’une cure morale, qui "consiste à ordonner sa conscience et ses moeurs
selon la loi de Dieu". Il a proposé que le Synode invite les fidèles a
prendre soin des victimes du sida, comme d’autres l’ont fait avant eux en
soignant les lépreux, et de traiter les malades avec un amour chrétien,
sans marginalisation ni mépris. Il a insisté enfin sur la nécessité de
donner une information objective, "pour éviter tant les attitudes
hystériques que l’indifférence". A propos du trafic de la drogue, "péché
contre Dieu et contre la société", il a appelé tous les gouvernements à le
bannir en recourant à tous les moyens légaux. D’autres interventions ont
illustré des situations particulières, telles celles des chrétiens vivant
dans un cadre ou ils sont privés de liberté religieuse ou qui vivent en
minorité noyés dans une population qu’anime une autre foi, des chrétiens
engagés pour la justice en Amérique latine, des laics qui se mettent au
service de la mission universelle, celle enfin des femmes, l’accent étant
mis ici sur l’importante contribution qu’elles peuvent apporter à la
société et à l’Eglise.
Intervention de deux prélats sud-africains
A relever enfin les interventions de deux éveques sud-africains. Mgr
Stephen Naidoo, archeveque du Cap, a posé la question : "On nous demande
souvent : que fait l’Eglise d’Afrique du Sud pour changer la situation ?
Cette question pourrait etre mieux posée : que fait l’Eglise pour mettre en
oeuvre le type de changement que requiert l’Evangile ? (...) La tache de
l’Eglise ne consiste pas simplement à transformer la société, mais à le
faire selon les principes chrétiens."
De son coté, Mgr wilfred napier, éveque de Kokstad et président de la
Conférence épiscopale d’Afrique australe, a souligné que, d’une part,
l’Eglise en Afrique du Sud cherche à christianiser l’ordre politique séculier, et que, d’autre part, l’ordre politique tente de séculariser les
chrétiens. Ceci apparait notamment dans la demande d’allégeance faite par
les forces politiques et les idéologies qui tentent de s’opposer a l’Eglise. Celle-ci, a-t-il indiqué, "se trouve dans le champ de tir entre les
oppresseurs et les libérateurs. Critiquant l’un, elle est elle-meme exploitée par l’autre. Exprimant ses avis sur tout, elle ne satisfait personne."
dans une telle situation, a ajouté Mgr Napier, il faut davantage qu’une
simple clarification des principes : "L’Eglise doit trouver une méthodologie concrète à travers ce qui peut etre présent au coeur d’un changement
politique, de facon qu’elle soit fidèle à son identité et à sa mission propres. En Afrique du Sud, nous sommes précisément en train de créer une telle méthodologie à travers un processus national de ’pastoral planning’. Il
consiste à essayer de faire de l’unité intrinsèque de l’Eglise une réalité
concrète. Dans cette voie, nous espérons devenir un sacrement effectif
d’unité dans un pays profondément divisé. Nous espérons contribuer à changer la société d’apartheid en poursuivant notre mission salvi fique authentique, et non en modifiant cette mission en fonction de quelque problème
séculier à l’ordre du jour." (apic/bdc/be)