Synode extraordinaire de l’Eglise catholique-chrétienne de Suisse (040391)
Bienne, 4mars(APIC) La question de l’ordination sacerdotale des femmes
sera au centre des débats du Synode national extraordinaire de l’Eglise
catholique-chrétienne (vieille-catholique) de Suisse les 15 et 16 mars prochains à Zurich. Si le Synode national, l’organe législatif chez les vieuxcatholiques, décide d’introduire l’ordination des femmes lors du Synode extraordinaire, l’Eglise vieille-catholique de Suisse sera la première Eglise
vieille-catholique au monde à admettre les femmes à la prêtrise.
En 1977, le Conseil synodal a mis sur pied à la demande du Synode national une Commission chargée d’étudier la question de l’ordination sacerdotale des femmes. La création d’un nouveau ministère pastoral pour les femmes
avait alors été examinée, un ministère proche de celui du prêtre, sans toutefois comprendre l’administration des sacrements accordée par l’ordination, a précisé l’abbé Rolf Reimann à l’agence APIC.
Un tel ministère n’a pas encore été mis sur pied, a ajouté l’abbé Reimann. En 1984 cependant, le Synode national a rendu possible pour les femmes l’accession au diaconat. La Conférence épiscopale catholique-chrétienne
internationale a décidé alors de laisser aux Eglises membres la liberté de
l’introduire sur leur territoire. En 1990, la grande majorité du Conseil
synodal était de l’avis que l’ordination sacerdotale des femmes n’est pas
contraire aux principes de la religion catholique-chrétienne.
Ceux qui sont favorables à l’ordination sacerdotale des femmes, a relevé
l’abbé Reimann, s’appuient sur le fait que "les écrits du Nouveau Testament
ne contiennent aucune affirmation qui l’exclue explicitement". Le Synode
extraordinaire des 15 et 16 mars permettra de continuer à approfondir les
réflexions sur ce sujet. "L’Eglise catholique-chrétienne de Suisse pourrait, sur la base de sa Constitution, décider d’introduire l’ordination sacerdotale des femmes", a ajouté l’abbé Reimann.
Reste à savoir comment les autres Eglises catholiques-chrétiennes membres de l’Union d’Utrecht réagiraient à une telle décision. Il y a un risque que l’Eglise catholique-chrétienne connaisse alors des tensions au niveau mondial, si ce n’est une rupture de l’unité en son sein.
L’ordination des femmes, une difficulté oecuménique
La question de l’ordination sacerdotale des femmes pose également un
problème oecuménique, notamment avec les Eglises orthodoxe et catholique.
Cette dernière s’est aussi interrogée à ce propos et ne l’a jamais admise
au nom de la Tradition et de l’exemple de Jésus lui-même. Dans la "Déclaration sur la question de l’admission des femmes au sacerdoce ministériel" du
15 octobre 1976, la Congrégation pour la doctrine de la foi affirme: "Cette
pratique de l’Eglise revêt donc un caractère normatif: dans le fait de ne
conférer qu’à des hommes l’ordination sacerdotale, il y va d’une tradition
continue dans le temps, universelle en Orient et en Occident, vigilante à
réprimer aussitôt les abus; cette norme, s’appuyant sur l’exemple du
Christ, est suivie parce qu’elle est considérée comme conforme au dessein
de Dieu pour son Eglise". La Congrégation pour la doctrine de la foi se dit
consciente que "cette position de l’Eglise (...) sera peut-être ressentie
douloureusement", mais certaine que "sa valeur positive apparaîtra à la
longue, car elle pourrait aider à approfondir la mission respective de
l’homme et de la femme". (apic/eg/cor)