Rome, 9octobre(APIC) Dix-huit pères sont intervenus lors de la douzième
Congrégation générale du Synode. Ils ont dans l’ensemble insisté encore une
fois sur le role de la femme pour la vie dans l’Eglise et hors de l’Eglise,
la formation dite "intégrale" des laics et l’importance du role des catholiques dans la vie sociale de leur propre pays.
Ce dernier point a été mis en évidence par les premiers intervenants de
ce matin, notamment le cardinal Lubachivsky, Ukrainien, et l’éveque de San,
au Mali, Mgr Joseph Perrot, celui-ci insistant sur les secteurs de l’enseignement scolaire et des services sociaux, ou pretres et laics doivent
travailler ensemble dans un respect mutuel. Quant au cardinal Lourdusamy,
Préfet de la Congrégation pour les Eglises orientales, il a insisté sur une
promotion de la participation au laicat, à l’étude de la théologie, aux ministères liturgiques et à la pleine responsabilité dans la vie de la communauté. Le cardinal Joseph Glemp, archeveque de Varsovie, a déclaré que la
question fondamentale pour tout développement de la mission des laics est
la connaissance de l’Eglise. De là les initiatives des laics contribueront
au bien de l’Eglise et du monde.
Le cardinal Paul Poupard, président du Secrétariat pour les noncroyants, définit le laic comme porteur de foi et d’espérance devant
l’athéisme, l’incroyance et l’indifférence. "Concrètement, a-t-il dit, le
laic chrétien assume les responsabilités que lui imposent sa patrie, son
milieu social, sa famille, sa profession, comme aussi les problèmes de
l’humanité : la faim, la guerre, l’injustice, les discriminations raciales,
idéologiques et religieuses".
Accès des femmes aux ministères ordonnés ?
D’après le cardinal irlandais O’Fiaich, qui fut l’un des premiers intervenants, le laicat catholique est "un géant qui dort, une force de plus de
700 millions de personnes, qui peut effectuer un travail énorme pour le
Règne de Dieu. Mais pour animer les laics, il faut animer avant tout les
pretres, et avant eux les éveques". Le cardinal O’Fiaich a affirmé que
l’Eglise devait reconnaitre pleinement la dignité de la femme, opinion que
partage l’éveque canadien Hamelin, pour qui la question de la femme est de
première importance pour la vie et l’avenir de l’Eglise. Il a proposé
d’abroger les règles de l’Eglise qui écartent les femmes du service de
l’autel, et d’ouvrir les ministères de l’acolytat et du lectorat aux femmes. Pour Mgr Hamelin, l’accès des femmes aux ministères ordonnés demeure
controversée. Ainsi pour lui les arguments utilisés jusqu’ici pour limiter
l’ordination aux hommes arrivent mal à convaincre, particulièrement les
jeunes. Mgr Hamelin suggère de mettre sur pied dans les Eglises particulières intéressées des groupes d’approfondissement de cette question rassemblant des hommes, des femmes, des pasteurs, théologiens et théologiennes.
Le cardinal Gantin, Préfet de la Congrégation des éveques, a parlé d’un
problème très délicat et important pour l’Eglise : le role que peuvent
jouer les laics dans les informations à demander ou à donner pour les
candidats à l’épiscopat : "Une telle coopération à la nomination des
éveques doit etre réalisée avec une grande responsabilité et conscience du
bien de l’Eglise".
Puis a eu lieu la projection d’un petit film par Mgr Santos Villeda,
éveque du Honduras, sur le role des laics dans la vie rurale de ce pays.
Une nouveauté de communication qui fut très applaudie dans l’aula synodal.
Tracer de nouvelles voies de collaboration
Mgr Nikwigize, de la Conférence épiscopale du Rwanda, a relevé, à la lumière des difficultés rencontrées par les laics dans son pays dans l’exercice de leur mission, que dans l’ensemble pretres, religieux, religieuses
et laics sont conscients de former une famille. D’ou sa considération que
la diversité des ministères et des situations et les défis rencontrés font
sentir davantage la complémentarité des membres de cette famille. D’ou la
nécessité urgente de conjuger les efforts pour tracer de nouvelles voies de
collaboration et de communion. (apic/bdc/cor)