"Une Assemblée pastorale, pas un meeting politique"
Rome, 13juin(APIC) L’Assemblée spéciale du Synode des évêques sur le Liban sera non un meeting politique, mais une Assemblée pastorale en vue
d’affirmer les valeurs chrétiennes et de susciter un approfondissement de
la foi, ont indiqué jeudi à Rome, au cours d’une conférence de presse,
trois partriarches qui prendront part à ce Synode. Un Synode qui n’en est
encore qu’à sa phase de préparation. Rien n’a encore été décidé concernant le lieu, la date et la composition de l’Assemblée, a précisé Mgr Jan
Schotte, secrétaire général du Synode des évêques.
Les patriarches Nasrallah Pierre Sfeir (Antioche des maronites - Bkerke,
Liban), Maximos V Hakim (Antioche des grecs melkites catholiques - Damas,
Syrie), Jean Pierre XVIII Kasparian (Cilicie des Arméniens - Beyrouth, Liban) ont présenté l’événement aux côtés de Mgr Schotte.
Après avoir souligné que 16 ans de guerre au Liban n’ont pas seulement
causé beaucoup de morts et de destructions, mais qu’ils ont aussi "obnubilé
certains esprits si bien que les valeurs chrétiennes n’ont pas été cultivées comme elles auraient dû l’être", Mgr Sfeir a rappelé à propos d’une
éventuelle visite du pape au Liban que c’est là le désir de Jean Paul II,
un désir partagé, a-t-il déclaré, par tous les Libanais, aussi bien musulmans que chrétiens. Encore faut-il, "pour qu’elle puisse s’effectuer dans
les meilleures conditions, que le Liban retrouve sa souveraineté, son indépendance".
Mgr Sfeir a insisté sur le fait qu’il s’agira bien d’un Synode pastoral.
Les évêques qui y prendront part devront se garder de céder à la tentation
de lui donner un tour politique, a-t-il averti, "d’autant plus qu’au Liban
tout est politisé".
Modèle de pluralisme
Le patriarche maronite n’en a pas moins évoqué le récent traité syrolibanais: "Si celui-ci devait aboutir à l’annexion du Liban par la Syrie,
ce serait une violation du pacte national". Un pacte "qui prévoit que les
musulmans disent non à l’Orient, s’opposent à un rattachement à la Syrie,
et que les chrétiens disent non à l’Occident, et ne se tournent pas vers la
France notamment".
Mgr Sfeir a en outre insisté sur la spécificité libanaise. Un Liban intégralement chrétien serait, dans cette région du monde, "un second Israël,
a-t-il expliqué. De même "un Liban intégralement musulman n’aurait pas de
raison d’être, car il pourrait bien se rattacher à n’importe quel pays musulman de la région". C’est ce qui fait l’originalité du Liban, raison pour
laquelle, a-t-il observé en conclusion, Jean Paul II parle du Liban non
comme d’un simple pays, mais comme d’"un message de liberté, un modèle de
pluralisme pour l’Occident et pour l’Orient". (apic/cip/jt/pr)