"La communication est une des dimensions primordiales de l’évangélisation"
Rome, 18octobre(APIC) Le développement des moyens de communication sociale et leur impact considérable sur les consciences individuelles et les
mentalités rendent nécessaire, dès le séminaire, une prise de conscience et
une meilleure connaissance des médias de la part de tous les prêtres et une
formation spécifique de ceux qui auront à les utiliser de façon systématique. C’est en substance ce que rappellent dans une communication faite au
Synode des évêques les présidents des trois organisations catholiques internationales de communication sociale: OCIC (cinéma et audivisuel), UCIP
(presse) et UNDA (radio-tv).
Vecteurs de valeurs et de symboles, les médias agissent sur les attitudes et les comportements, génèrent de nouvelles cultures et façonnent
l’opinion publique. Or, soulignent les trois organisations, "l’inculturation du message évangélique suppose de la part du prêtre une connaissance
en profondeur de la culture du monde auquel il s’adresse de manière à ce
qu’il puisse analyser les mécanismes selon lesquels fonctiennent les médias". Le prêtre est du reste lui-même usager des médias: "S’il n’est pas
correctement formé à leur utilisation, sa vie personnelle - peut-être sa
foi même - peut en être affectée. Le prêtre devra donc acquérir un esprit
de discernement particulier dans ce domaine..., et pourra aussi guider les
fidèles dans la pratique des médias et ainsi mieux saisir les occasions
d’intervention au plan d’une véritable évangélisation de l’opinion publique".
Au programme des séminaires et de la formation continue
Les présidents des trois organisations font observer que d’une façon générale les réalités des médias sont mal connues, en particulier leurs dimensions économique et technique. "Des connaissances, même élémentaires, à
ce sujet, peuvent permettre de mieux comprendre les contraintes de ces activités et d’engager un dialogue plus crédible avec les professionnels de
la communication: ils constituent un milieu qui, plus souvent qu’on ne le
pense, est à la recherche d’un sens à son activité et qu’il convient de savoir, lui aussi, évangéliser en respectant ses spécificités", écrivent-ils.
Par ailleurs, les chrétiens et les Eglises sont des sujets pour l’information. Une meilleure connaissance des médias doit permettre aux prêtres
d’y donner une image positive de la foi et de l’Eglise. A cet égard, les
témoignages qu’ils donnent à travers les médias "sont l’une des expériences
missionnaires des temps modernes".
Les prêtres et les évêques étant de plus en plus sollicités pour intervenir dans les médias, ils doivent aussi y être préparés. Par ailleurs, il
devient fréquent que des prêtres soient associés directement à la réalisation de produits médiatiques. Une telle activité, si elle devient habituelle, suppose une formation approfondie.
En conclusion, relèvent les président des trois organisations, "il nous
paraît essentiel que le Synode des évêques rappelle l’indispensable nécessité, non seulement d’introduire un cours de communication dans les séminaires et noviciats et d’assurer la formation continue des prêtres en la
matière, mais aussi de considérer la communication sous toutes ses formes
comme l’une des dimensions primordiales de l’évangélisation et de la vie de
l’Eglise".
Réponse aux propos tenus au Synode par l’évêque auxiliaire de Riga?
La déclaration des présidents des trois organisations catholiques en matière de média intervient quelques jours à peine après les propos tenus la
semaine dernière au Synode par l’évêque auxiliaire de Riga et Liepaïa (Lettonie), Mgr Vilhelms Nukss. Dans son intervention, que nombre d’observateurs ont estimée "déplacée", ce dernier avait notamment conseillé aux prêtres de "renoncer à la radio et à la télévision, à des visites ou à des
conversations inutiles" qui font perdre un temps qui devrait être consacré
à "l’étude et au travail sérieux". (apic/cip/pr)