Rome, 2octobre(APIC) Jean Paul II, à l’occasion du Synode sur "la vocation et la mission des laics dans l’Eglise et dans le monde vingt ans après
le Concile Vatican II", procèdera dimanche 4 octobre à la béatification de
Marcel Callo, martyr de la foi. Cet événement, qui a lieu au début du Synode, est certainement le signe d’une volonté, dans la hiérarchie catholique, de reconnaitre et de valoriser le role des laics dans l’accomplissement de la mission de l’Eglise.
Marcel Callo est né à Rennes le 6 décembre 1921, dans une famille
pauvre. Il apprend le métier d’ouvrier typographe. Profondément chrétien et
altruiste, il devient scout, puis s’engage à la JOC (Jeunesse Ouvrière
Chrétienne) qui en est alors à ses débuts. Il en devient un militant actif
et convaincu. Bientot il est président de section.
C’est en mars 1943 que, réquisitionné par le S.T.O. (Service du Travail
Obligatoire en Allemagne, imposé par l’occupant) le jour des funérailles de
sa soeur Madeleine tuée par les bombardements, il décide de gagner l’Allemagne. Il part dans un esprit de service : "Je pars comme missionnaire et
non comme travailleur. Je pars pour aider les autres à tenir !" avait-il
confié à l’une de ses tantes.
Après plusieurs mois de dépression due à la solitude et à la dureté du
travail dans le camp de Zella-Mehlis en Thuringe, il reprend avec des jocistes des camps voisins son activité militante. A Gotha,l’équipe mène une
intense vie spirituelle. Ils sont arretés en avril 1944 parce que "trop
catholiques", considérés à cause de leur action comme des ennemis de l’Etat
et du peuple allemand. Le 6 octobre 1944 Marcel Callo est envoyé avec trois
de ses camarades au camp de Mauthausen, ou il mourra d’épuisement le 19
mars 1945.
C’est à la demande des Allemands que le cardinal Gouyon a introduit en
1968 à Rome la cause du jociste breton. Le diocèse de Rennes et la JOC associent à cette béatification le souvenir de sept autres jeunes jocistes ou
séminaristes morts eux aussi dans les camps, en martyrs de la foi : Roger
Vallée, André Vallée, Jean Tinturier, Louis Pourtois, Henri Marranes, Camille Millet et Marcel Carrier. Ces martyrs sont de véritables modèles
d’engagement chrétien dans les luttes de tous les jours : c’est par un combat incessant pour une plus grande dignité de l’homme qu’ils ont su, jour
après jour, témoigner du Christ ressuscité qui les habitait. (apic/pnd/cor)