Synode : 9ème congrégation générale (071087)
Rome, 7octobre(APIC/CIP) Les éveques africains ont commencé à se manifester au Synode. Ainsi, à la séance de mercredi matin, sept intervenants sur
dix-neuf représentaient le continent africain : un du Cameroun, trois du
Zaire, un de Gambie, un du Gabon et un du Togo.
L’éveque camerounais, Mgr Paul Verdzekov, éveque de Bamenda, a fait observer que partout ou les laics ont été pris au sérieux au sein de leur
communauté, celle-ci a gagné en vitalité chrétienne dans tous les domaines:
spirituel, pastoral, matériel; les vocations sont devenues plus abondantes
et diversifiées. Reconnaissant qu’il reste encore beaucoup à faire au Cameroun, en ce qui concerne la formation des laics, l’éveque de Bamenda attend
du Synode une parole claire et précise rappelant la conception et l’exercice du pouvoir dans l’Eglise de Jésus-Christ.
Le role irremplaçable des catéchistes a été souligné par les éveques du
Zaire, Mgr Monsengwo Pasynia, président de la Conférence épiscopale, Mgr
Kaseba, éveque de Kalemie-Kirungu et Mgr Matondo Kwa Nzambi, éveque de Basankusu. Comme l’a déclaré Mgr Kaseba, à l’accession du Zaire à l’indépendance politique, l’épiscopat demanda aux laics catholiques à s’engager en
leur nom propre et interdit la création d’un parti politique catholique. Ce
fut une décision salutaire, a-t-il, qui a favorisé la promotion des laics
et permis à l’Eglise d’etre présente aux soucis de la communauté nationale.
Ensuite la formation humaine et spirituelle des laics, a rappelé de son
coté Mgr Matondo, fut assurée par les écoles gérées par l’Eglise. Aujourd’hui, dans une nouvelle situation, l’Eglise s’organise et accentue la
formation extra-scolaire des jeunes et des adultes, spécialement par les
communautés ecclésiales vivantes. Pour ce qui est de la formation des formateurs laics, l’Eglise a créé à travers tout le pays des centres d’animation spirituelle, des écoles catéchétiques. A l’échelle nationale, les
laics sont formés à la Faculté de théologie catholique de Kinshasa, ou ils
peuvent suivre des cours de philosophie et de théologie donnant accès au
grade universitaire.
Mais, a ajouté Mgr Matondo, au-delà d’un enseignement religieux approfondi, les laics catholiques d’Afrique en général et du Zaire en particulier, ont besoin d’un cadre universitaire catholique qui leur permette de
faire des études interdisciplinaires et d’entrer en dialogue avec les traditions africaines et le monde scientifique moderne sans complexe ni
déséquilibre religieux. A ce sujet, Mgr Monsengwo souligne la nécessité
d’une meilleure organisation de la vie chrétienne des laics dans les divers
milieux professionnels qu’ils sont appelés à animer et à imprégner de
l’Evangile. Il souhaite que soit aménagé au niveau national et international un cadre de concertation permettant aux chrétiens d’apporter leur contribution spécifique à la solution des problèmes inhérents au Nouvel Ordre
Economique Mondial.
L’éveque de Banjul, en Gambie, Mgr Michael J. Cleary, a parlé au nom des
éveques de Gambie, du Libéria et du Sierra Leone, lui aussi pour souligner
le role important des catéchistes. Il demande au Synode d’encourager les
pretres et les religieux à approfondir les enseignements du Concile Vatican
II sur les laics et il souhaite que le Synode aide les laics à redécouvrir
leur dignité de disciples du Christ.
La formation des laics est une priorité pastorale de la Conférence épiscopale du Gabon. Mgr André-Fernand Anguilé, archeveque de Libreville a fait
état du dynamisme de l’Eglise gabonaise, une vitalité due en grande partie
à la prise de conscience des laics et du role accru qu’ils jouent dans la
vie et la pastorale de l’Eglise. Il a cependant noté que malgré le grand
nombre de baptisés, l’évangélisation est encore balbutiante. Peu de laics
résistent aux pressions de la coutume et au milieu pour témoigner ensemble
de Jésus-Christ dans la réalité temporelle. Enfin, le dernier éveque africain à prendre la parole a été Mgr Chrétien Matawo Bakpessi, de Sokodé, au
Togo, un pays ou l’Eglise n’a pas encore cent ans d’évangélisation et ou
les fidèles laics se sentent d’Eglise uniquement à l’intérieur de l’Eglise.
Ce non engagement des chrétiens dans le monde est du à un manque de formation, d’ou la nécessité de multiplier les centres de formation humaine et
chrétienne pour une meilleure connaissance de la doctrine sociale de
l’Eglise.
Le role de la femme dans l’Eglise à nouveau au centre du Synode
Le problème du role de la femme dans l’Eglise a de nouveau été abordé
mercredi matin avec notamment l’intervention du cardinal Albert Decourtray,
archeveque de Lyon . "Il faudrait, a-t-il déclaré, que les femmes soient
appelées à jouer un role dans des domaines dont elles sont exclues sans
raison : le conseil spirituel, conformément à toute une tradition du monachisme oriental, la formation théologique et spirituelle des chrétiens et
notamment des futurs pretres, l’aide aux ministres ordonnés, etc."
Une allusion à la situation précaire des femmes en Asie a été faite par
un éveque philippin : "La place qu’occupent aujourd’hui les femmes dans le
monde sont un signe des temps dont il faut tenir compte; certaines femmes
sont pretes à exercer des ministères dans l’Eglise, il faut leur reconnaitre ce droit." Certains laics ont quelques difficultés à s’identifier à
l’Eglise, ce qui entraine un certain retrait des chrétiens vis-à-vis de
l’Eglise. C’est une des réalités mises en évidence par deux éveques allemands
Mgr Coffy tente une définition du rapport pretres-laics
Enfin un père du Synode a livré une réflexion sur le rapport pretreslaics. C’est Mgr Robert Coffy, archeveque de Marseille. A son avis, pour
bien souligner ce rapport, deux points sont à relever : tout d’abord, il
faut rappeler le mystère de l’Eglise qui est Peuple de Dieu, Corps du
Christ et Temple de l’Esprit et ne pas se contenter de fonder la relation
pretres-laics sur une seule de ces notions. Deuxièmement, pour sortir du
champ clos dans lequel on risque de s’enfermer pour situer pretres, laics
et religieux, il faut nous situer en ce lieu et à cet acte ou, avant de se
distinguer, pretres, religieux, laics, sont constitués membres à part entière de l’Eglise : le bapteme. "Le laic, a déclaré Mgr Coffy, ne se définit pas d’abord par rapport aux pretres et aux religieux, il est défini et
identifié par le bapteme qui fait de lui un fils de Dieu. Il n’est pas un
membre de l’Eglise auquel il manquerait quelque chose et qui serait en attente d’un ’’plus’’ qui lui conférerait une dignité supérieure. Il est revetu de l’éminente dignité de fils de Dieu appelé à la sainteté et à participer à la mission universelle de l’Eglise. Le magistère est au service de
ce caractère baptismal et l’état religieux un appel à vivre la vie nouvelle
reçue dans le bapteme", a-t-il conclu. Puis ce sont, en fin d’après-midi,
les auditeurs laics qui ont pris la parole. (apic/bdc/be)